La contestation prenait de l'ampleur hier dans différentes villes du Pakistan, tandis que l'armée semblait hésiter à intervenir dans la crise. En fin d'après-midi, des milliers de sympathisants avaient rejoint les rangs des manifestants qui occupent depuis maintenant trois semaines un pont autoroutier aux portes d'Islamabad, paralysant la circulation aux dépens de dizaines de milliers de voyageurs contraints de passer des heures dans les transports chaque jour. La veille, une tentative des forces de l'ordre de les en déloger à l'aide de gaz lacrymogènes avait tourné court, suscitant des commentaires critiques sur une opération jugée mal préparée, qui s'est soldée par la mort d'au moins 7 personnes et quelque 230 blessés et a renforcé la détermination des manifestants.
Ils étaient des milliers à protester en différents points de Karachi et Lahore, ainsi que dans de nombreuses autres villes du pays, selon les médias. La manifestation est pilotée par un groupe religieux peu connu, Tehreek-i-Labaik Yah Rasool Allah Pakistan (Tlyrap), qui exige la démission du ministre de la Justice, à la suite d'une polémique au sujet d'un amendement, finalement abandonné, qu'il lie à la très controversée loi sur le blasphème, un sujet ultrasensible au Pakistan.
Moyen Orient et Monde
Pakistan : la contestation s’étend, l’armée toujours muette
OLJ / le 27 novembre 2017 à 00h00

