La justice pakistanaise a pris lundi le relais de l'exaspération des habitants d'Islamabad et de ses environs, exigeant la fin du blocus de la capitale par des militants d'un groupe religieux, qui dure depuis deux semaines et que le gouvernement peine à stopper.
Alors que la Haute court d'Islamabad avait déjà ordonné vendredi aux autorités de mettre un terme au blocus, celles-ci, craignant l'impact politique de potentielles violences à un an d'élections, n'ont pas décidé l'évacuation par la force des manifestants.
Ce tribunal, saisi en appel, a menacé lundi de poursuivre les dirigeants pakistanais pour "outrage" à magistrat s'ils ne s'exécutaient pas.
"Malgré la requête faite aux leaders du sit-in et les directives données à l'administration du district, il n'y a eu aucun progrès à part des négociations, des négociations et encore des négociations", a regretté la Haute court dans une décision écrite.
L'absence d'avancées est "incompréhensible", alors que la situation est "très sérieuse", la "souffrance" des citoyens ayant atteint ses limites, a-t-elle insisté.
Quelque 2.000 manifestants campent sur la principale autoroute d'accès à Islamabad, exigeant la démission du ministre de la Justice à la suite d'une polémique au sujet d'un amendement, finalement abandonné, qu'ils lient à la très controversée loi sur le blasphème.
Installés sur un pont routier à la limite entre Islamabad et la ville voisine de Rawalpindi, ils empêchent, parfois violemment, des dizaines de milliers de Pakistanais de se rendre chaque jour dans la capitale, où beaucoup travaillent. Les temps de trajets se comptent désormais en heures, au lieu de minutes.
"Nous voulons résoudre cette question immédiatement et pacifiquement", a déclaré lundi à la presse le ministre de l'Intérieur Ahsan Iqbal, insistant sur la poursuite de négociations. "Nous ne pouvons pas nous permettre des troubles", a-t-il ajouté.
"Nous resterons ici jusqu'à ce qu'il démissionne", a répondu Pir Muhammad Ijaz Ashrafi, un porte-parole du groupe religieux, le Tehreek-i-Labaik Yah Rasool Allah Pakistan (TLYRAP). D'autres manifestants ont menacé le gouvernement d'une propagation des sit-in dans le reste du pays s'il décidait de les déloger.
Les analystes interrogés par l'AFP critiquent la maladresse des autorités. "C'était une très petite manifestation. Mais le gouvernement a traîné les pieds, (...) lui donnant beaucoup plus de poids", estime Zeeshan Salahuddin, un chercheur sur les questions sécuritaires.
La réponse de l'exécutif a été "molle", observe le général en retraite Talat Masood, pour qui le gouvernement n'a pas agi parce qu'il craint de "sauter", dans une situation devenue "très dangereuse"
Alors que la Haute court d'Islamabad avait déjà ordonné vendredi aux autorités de mettre un terme au blocus, celles-ci, craignant l'impact politique de potentielles violences à un an d'élections, n'ont pas décidé l'évacuation par la force des manifestants.
Ce tribunal, saisi en appel, a menacé lundi de poursuivre les dirigeants pakistanais pour "outrage" à magistrat s'ils ne s'exécutaient pas."Malgré la requête faite aux leaders du sit-in et les directives données à l'administration du district, il n'y a eu aucun progrès à part des négociations, des...


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