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Moyen Orient et Monde

L’ONU échoue de nouveau face au veto russe

Armes chimiques

Moscou a défendu une nouvelle fois son allié en s'opposant au renouvellement du mandat des experts des Nations unies contre les armes chimiques en Syrie.

18/11/2017

Journée difficile, jeudi, au Conseil de sécurité des Nations unies. Washington a exprimé la volonté, durant cette séance, de prolonger d'un an le mandat de la Commission d'enquête de l'ONU et de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) en Syrie. Celle-ci est aussi appelée mécanisme d'enquête conjoint (Joint Investigative Mechanism, ou JIM). Elle a été créée par le Conseil de sécurité en 2015 et renouvelée une première fois en 2016. Son but : identifier « dans toute la mesure du possible » les individus, entités, groupes ou gouvernements perpétuant, organisant, soutenant ou impliqués dans l'utilisation d'armes chimiques en Syrie.
Mais son renouvellement a été empêché en raison du dixième veto de Moscou visant à bloquer l'action internationale en Syrie depuis 2011. Cette décision empêche la prolongation du mandat de la Commission d'enquête, qui a expiré hier à 5h. Il s'agit d'un nouvel épisode dans la stratégie russe de protection du régime de Bachar el-Assad. Déjà fin octobre 2017, le Conseil de sécurité avait tenté de prolonger le mandat de cette Commission mais n'y était pas parvenu en raison du veto russe. Une manœuvre pour « protéger » Damas dont la responsabilité a été prouvée dans l'attaque chimique au gaz sarin de Khan Cheikhoun, le 4 avril 2017, qui a fait plus de 80 morts.
Deux propositions de résolution étaient à l'ordre du jour. Le texte américain, soutenu par les Européens, réclamait des sanctions contre les responsables de l'utilisation d'armes chimiques en Syrie. Le texte russe, quant à lui, demandait une révision de la mission du JIM et l'annulation de son dernier rapport impliquant le régime de Damas dans le massacre du 4 avril. Ce document a entraîné rapidement une division entre Washington et Moscou sur la responsabilité du régime syrien dans cette affaire. Même si le vote était favorable à la résolution américaine, qui a remporté 11 voix sur 15, cela ne peut empêcher le blocage de la résolution en raison du veto de la Russie. Le seul point sur lequel tout le monde était d'accord concernait justement la prolongation de la mission du JIM d'un an. Un point effacé par le veto russe, en désaccord avec le reste du texte américain.
Cette décision de Moscou a provoqué, dans l'enceinte onusienne, une véritable guerre des mots entre Américains et Russes. Lors du vote, la fermeté des intentions de Washington d'opérer un désarmement chimique de la Syrie s'est fait ressentir. L'ambassadrice américaine aux Nations unies, Nikki Haley, a averti après le scrutin que les États-Unis pourraient de nouveau frapper « s'il le faut » les bases aériennes syriennes comme ils l'avaient fait quelques jours après le massacre de Khan Cheikhoun, en tirant 59 missiles Tomahawk sur la base syrienne d'al-Chaayrate. « La Russie a tué le mécanisme d'enquête qui avait le soutien général du Conseil », a poursuivi Nikki Halley. « Le message est clair : la Russie accepte le recours à l'arme chimique en Syrie », a-t-elle ajouté.
Le JIM présente des « lacunes fondamentales avec le recueil de témoignages douteux, et des approximations dans le travail d'enquête », a répondu l'ambassadeur russe Vassily Nebenzia. « La Russie ne pouvait pas avaliser le projet américain, et tout le monde le savait », a-t-il précisé.
Bien que le veto russe engendre le non-renouvellement du mandat de la commission des experts onusiens, des diplomates ont déclaré que le Japon a fait circuler un projet de résolution visant à accorder un « sursis » d'un mois à cette commission. Mais le jour du vote de cette résolution reste toujours inconnu.

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