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Moyen Orient et Monde

Climat: Macron et Merkel soulignent à l’unisson leur détermination à agir

COP23

À l'ouverture du « segment de haut niveau » de la COP23 à Bonn, les objectifs ambitieux de réduction des émissions nationales de gaz à effet de serre, responsables du changement climatique, ont été au centre des discours.

16/11/2017

Comme c'est le cas à chaque COP, l'ouverture du segment de haut niveau, avec l'arrivée des chefs d'État, ministres et autres hauts responsables, donne un coup de pouce à des négociations entamées dix jours plus tôt par des négociateurs représentant les pays qui sont partie prenante à la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique (CCNUCC). Ces négociations buttent cette année sur certains points essentiels comme les finances (quels moyens d'assurer les 100 milliards de dollars par an à partir de 2020, date d'entrée en vigueur de l'Accord de Paris) ou encore la revue à la hausse des ambitions des pays dans leurs engagements volontaires en vue de la baisse de leurs émissions nationales.

Évidemment, le futur retrait des États-Unis de l'Accord de Paris, accord global adopté en 2015 et signé par ce pays, continue de planer sur ces négociations. Et cela s'est reflété dans le discours très attendu du président français Emmanuel Macron, qui a appelé l'Europe à compenser le manque de financement du Groupe intergouvernemental d'experts du climat de l'ONU, lié au retrait américain. Le GIEC, chargé de produire une synthèse régulière des connaissances scientifiques en matière de climat, « est aujourd'hui menacé par la décision des États-Unis de ne pas garantir les financements », a dit M. Macron à la tribune de la COP23 à Bonn. « Je souhaite donc que l'Europe se substitue aux Américains et je veux vous dire que la France sera au rendez-vous », a-t-il ajouté.

 

(Lire aussi : Lutte contre le changement climatique : comment sortir du discours vague pour aller à l'essentiel)

 

M. Macron a également annoncé la tenue prochaine d'une réunion sur le financement de la lutte contre le changement climatique, à Paris, le 12 décembre, à l'invitation de la France, du secrétaire général de l'ONU et de la Banque mondiale. Une initiative également saluée par la chancelière allemande, Angela Merkel, sur la même tribune.

Dans l'un des nombreux échos entre les deux discours, Mme Merkel a affirmé que « l'Accord de Paris, tout ambitieux qu'il est, est un point de départ », et M. Macron a souligné que c'est « un point de départ auquel nous tenons et que nous ne lâcherons pas ». Les deux leaders ont par ailleurs évoqué des ambitions européennes de baisse des émissions plus grandes, dans le cadre d'un accord récemment élaboré.

Les leaders mondiaux et les délégués avaient été accueillis au cours de la matinée par plusieurs dizaines de manifestants aux cris de « Cessons de financer les énergies fossiles! ». « Le charbon "propre" est un sale mensonge », « Mettons un terme au charbon et à toutes les énergies polluantes », lisait-on sur les banderoles, en référence à l'utilisation de cette énergie de manière extensive, en Allemagne notamment. Mme Merkel n'a pas éludé la question, reconnaissant la dépendance de son pays au charbon tout en détaillant les objectifs pour les années à venir, et tout en reconnaissant que cette action est difficile pour tous les pays. « Nous devons nous mettre à la tâche le plus vite possible », a-t-elle martelé. Notre obsession est l'action, notre horizon est maintenant, a renchéri le président français.

 

(Lire aussi : L’urgence de révolutionner les modes de transport)

 

2017, l'une des trois années les plus chaudes
Les mots d'ouverture et les discours de ce segment de haut niveau ont tous été axés sur l'urgence et la nécessité de l'action, au regard des dernières révélations scientifiques publiées par l'Organisation météorologique mondiale (OMM), et reprises par son secrétaire général Petteri Taalas, durant la session d'ouverture. « L'année 2016 était la plus chaude jamais enregistrée, avec 1,1 degré de plus que l'ère préindustrielle, en partie en raison d'un fort phénomène El Nino, a-t-il dit. L'année 2017 devrait être l'une des trois années les plus chaudes jamais enregistrées, et la plus chaude si l'on exclut le phénomène El Nino. »

Énumérant les catastrophes naturelles et leur impact sur la vie des gens, M. Taalas estime que « l'Accord de Paris nous offre un instrument pour freiner les émissions de gaz à effet de serre, promouvoir la résilience climatique et l'adaptation et éviter les pires impacts du changement climatique ».

Tous les mots prononcés durant l'ouverture de cette session ministérielle faisaient écho à une déclaration du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres le jour même, contre la poursuite des investissements dans les énergies fossiles qui promettent « un avenir insoutenable ». « Les marchés doivent être réorientés loin de ce qui est contre-productif », a-t-il déclaré. « Nous n'avons plus le luxe du temps », a souligné pour sa part Patricia Espinosa, secrétaire générale de la CCNUCC.

Le Premier ministre fidjien Frank Bainimarama a promis, au cours de son année de présidence des négociations climatiques, « d'employer les prochaines deux semaines et toute l'année prochaine à mettre tout en œuvre afin que l'Accord de Paris fonctionne, que les ambitions des pays soient revues à la hausse et qu'il y ait un appui pour les actions climatiques avant 2020 (NDLR : date de mise en application de l'accord) ».

M. Salaheddine Mezouar, ministre marocain des Affaires étrangères et de la Coopération, qui a passé le flambeau de la présidence de la COP au Premier ministre fidjien, a souligné ce qu'il a considéré comme d'évidents progrès de la COP22 de Marrakech à la COP23 de Bonn, notamment au niveau des initiatives climatiques sur les différentes plateformes.

 

(Lire aussi : COP23 à Bonn : Focus sur les objectifs plus ambitieux des pays)

 

Le Maroc parmi les pays les plus ambitieux
Le jour même a été publié par la société civile, dans le cadre de la COP, ce qu'on appelle le « Climate Change Performance Index » (CCPI), qui mesure le degré de compatibilité des actions et des déclarations d'intention des pays aux objectifs de l'Accord de Paris. Dans cet accord, rappelons-le, les pays ont fait des engagements volontaires de baisse des émissions qui mettent toujours, selon les experts, le monde sur une trajectoire d'augmentation de trois degrés par rapport à l'ère préindustrielle.

Selon ce rapport, divulgué hier par la formation « Climate Action Network » (CAN, un grand regroupement d'ONG), « aucun pays n'en fait assez ». Selon ce texte, « la Suède, la Lithuanie, le Maroc et la Norvège ouvrent la marche, alors que les États-Unis sont en chute libre ». En fait, « les trois premières places du classement restent inoccupées étant donné qu'aucune nation n'affiche encore des objectifs compatibles avec ceux de l'Accord de Paris », sachant que la Suède vient en quatrième position, le Maroc à la sixième, suivi de la Norvège, l'Inde en quatorzième position, l'Allemagne en 22e... La Chine reste en 41e position en raison de ses fortes émissions, malgré ses efforts récents, et les États-Unis atterrissent en 56e position de ce classement, dans les cinq derniers.

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