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Moyen Orient et Monde

COP23 à Bonn : Focus sur les objectifs plus ambitieux des pays

Changement climatique

Cette réunion très « technique », de l'avis général, peut néanmoins préparer le succès de la prochaine conférence, importante pour limiter les effets du réchauffement.

13/11/2017

Ce qu'on appelle le « Gap Report » du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), en d'autres termes le rapport qui mesure combien il nous manque encore pour que les engagements des pays suffisent à mettre le monde sur la voie d'un changement climatique de deux degrés ou moins (limite fixée par les scientifiques pour éviter les pires effets du réchauffement), est tombé quelques jours avant l'ouverture de la COP23 à Bonn: il faudrait doubler, au moins, les engagements volontaires des États à diminuer leurs émissions de gaz à effet de serre afin de tenter de limiter le réchauffement climatique aux ambitions de l'Accord de Paris, adopté en 2015 et signé par quasiment tous les États de la planète (depuis que la Syrie l'a fait cette année).

C'est donc sur ce point et sur les questions pratiques de la mise en application de l'Accord de Paris que se concentrent les négociations à Bonn, même si, de l'avis général, cette réunion est plus « technique » que « politique ». L'attention se portera donc très vite sur la prochaine COP qui, elle, devra voir les hausses des engagements des pays se concrétiser, s'ils s'entendent sur tous les points litigieux comme, surtout, la question des finances.

Cela ne veut pas dire, selon Safaa el-Jayoussi, directrice exécutive d'IndyAct, qu'il ne peut pas y avoir des avancées intéressantes. D'une part, dit-elle à L'OLJ, il y a du travail à faire sur le processus du dialogue appelé « Talanoa » par la présidence fidjienne de cette COP, un mot en fidjien qui veut dire « positif », et qui porte sur les ambitions des pays. D'autre part, il faut rappeler que les rapports scientifiques se suivent et se ressemblent sur les impacts du réchauffement de par le monde durant ces années qui sont les plus chaudes jamais enregistrées, notamment les événements climatiques extrêmes. À ce propos, la militante se félicite du fait que « l'on parle clairement d'être plus ambitieux au niveau des efforts à fournir non seulement à partir de 2020, date d'entrée en vigueur de l'accord, mais avant même cette date, parce que l'on ne peut pas rester ainsi les bras croisés de peur qu'il ne soit trop tard ».

La semaine qui vient verra l'arrivée des responsables politiques des pays, ce qui accélère souvent le rythme des négociations. Dans une conférence de CAN International, un grand consortium d'ONG mondiales, des militants ont considéré que les ministres devront donner une vision plus claire des différents points litigieux, comme la question de l'ambition ou la finance. Sur ce dernier point, notons que l'Allemagne, le pays hôte bien que la présidence revienne aux îles Fidji, a fait une promesse de don annuel supplémentaire de 50 millions d'euros et que d'autres ont suivi cette même voie, mais qu'au bout du compte, l'objectif des 100 milliards de dollars par an estimés nécessaires pour financer le processus de lutte contre le changement climatique (à partir de 2020) est loin d'être garanti, selon un expert qui a requis l'anonymat.

Sur un plan plus politique, la décision des États-Unis (deuxième pollueur mondial) de se retirer de l'Accord de Paris – ce que ce pays ne peut réaliser pratiquement avant 2020 – continue de faire de l'ombre aux négociations. À une question, Harjeet Singh, de l'ONG Action Aid International, se plaignait, au cours d'une conférence de presse de CAN, que « non seulement la délégation ne fait pas profil bas, comme on aurait pu s'y attendre, mais elle mène une action d'obstruction dans certains dossiers », notamment celui des indemnités aux nations touchées par les effets du changement climatique.

Certains événements intéressants ont eu lieu en marge des négociations, comme la création de l'Alliance pour la décarbonatation des transports. L'encouragement aux énergies alternatives sonne partout comme un leitmotiv. La présidence des îles Fidji, par ailleurs, a lancé une initiative afin d'inclure des parties hors des États dans le processus des négociations, selon Safaa el-Jayoussi. Elle ajoute que cela est dû non seulement au fait que ces parties – villes, secteur privé...– sont particulièrement actives, mais surtout parce que treize États américains ont décidé d'appliquer l'Accord de Paris, contrairement à l'avis de leur administration centrale. Leur donner une voix est donc utile à cet égard. Il n'est cependant pas certain que cette initiative aboutisse, mais elle a le mérite de bousculer quelque peu les conventions.

 

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