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Rare débat au Sénat américain sur le bouton nucléaire à l'ère Trump

AFP
14/11/2017

Des sénateurs américains se sont interrogés mardi sur les limites du pouvoir du président des Etats-Unis à lancer une attaque nucléaire, un débat lourd de sens face à la montée des tensions entre Donald Trump et Kim Jong-Un.

Tout le débat, lors d'une audition à la commission des Affaires étrangères du Sénat, s'est concentré sur une hypothétique décision présidentielle de frapper l'ennemi avec des armes nucléaires en premier, une "première frappe" en jargon de stratèges militaires.

"Nous craignons que le président des Etats-Unis soit si instable et si volatile, que son processus décisionnel soit si fantasque, qu'il puisse donner un ordre d'utiliser l'arme nucléaire complètement contraire aux intérêts de sécurité nationale américains", a dit le démocrate Chris Murphy.

En cas d'attaque nucléaire ennemie en cours ou d'imminence d'une telle attaque, sénateurs et experts interrogés ont convenu que le président avait les pleins pouvoirs pour défendre le pays, conformément à la Constitution. Seul le président peut donner l'ordre de déclencher le feu nucléaire.

"Une fois que l'ordre est donné et vérifié, il n'existe aucun moyen de le révoquer", a déclaré le président de la commission, le républicain Bob Corker, qui a convoqué l'audition, la première sur ce sujet précis depuis 1976, selon lui.

Ce sénateur a très publiquement rompu avec le locataire de la Maison Blanche, et déclaré en octobre qu'il menait le pays "droit vers la troisième guerre mondiale" avec ses déclarations sur la Corée du Nord.

Mais que se passerait-il si le président estimait qu'un pays pose une menace et ordonnait préventivement un tir nucléaire ? Il n'existe pas de définition stricte de l'imminence, ont reconnu les trois experts.

L'ancien patron du Commandement stratégique américain de 2011 à 2013, le général à la retraite Robert Kehler, a toutefois rappelé une règle militaire de base: "l'armée est obligée d'exécuter un ordre légal, mais n'est pas obligée de suivre un ordre illégal".

Qu'est-ce qu'un ordre légal ? Par exemple, un ordre dont les fondements juridiques ont été validés. Selon le général, toute action militaire doit remplir les critères de "nécessité" et de "proportionnalité".

Mais que se passerait-il si le chef du Commandement stratégique estimait que l'ordre reçu du président était illégal ? "Je ne sais pas exactement", a-t-il convenu. Comme pour tout ordre militaire, "le facteur humain entre en jeu".

En réalité, a dit Brian McKeon, ancien sous-secrétaire à la Défense durant la présidence Obama, le président pourrait remplacer le commandant réfractaire, voire le secrétaire à la Défense... "Mais on se retrouverait dans une véritable crise constitutionnelle", a-t-il dit.

Le malaise de certains sénateurs républicains était perceptible, durant l'audition.
"Nos adversaires nous regardent", a rappelé Marco Rubio, qui craint d'instiller le doute sur l'autorité du président américain en cas de conflit.
"Dans cette république, nous avons des élections, et quand ils votent, les électeurs prennent la décision de confier à quelqu'un ce pouvoir", a rappelé le sénateur.

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