Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, annonçant sa démission, devant le 10 Downing Street, à Londres, en Grande-Bretagne, le 22 juin 2026. Photo REUTERS/Toby Shepheard
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a annoncé sa démission lundi lors d'une allocution devant Downing Street à Londres, précisant qu'il resterait en poste jusqu'à la désignation de son successeur à la tête du Labour. « Toutes les décisions que j'ai prises ont eu pour objectif de faire passer en premier le pays que j'aime. C'est pourquoi je vais démissionner de mon poste de chef du parti travailliste », a-t-il déclaré, la voix étranglée par les larmes.
Starmer, sous pression croissante pour quitter le pouvoir depuis la victoire de son rival Andy Burnham à une législative partielle la semaine dernière, était arrivé au pouvoir en juillet 2024.
Les rumeurs sur une éventuelle démission couraient depuis le matin. Le Premier ministre britannique était de plus en plus isolé depuis la victoire à une législative partielle de son rival au sein du Labour, Andy Burnham. Andy Burnham, populaire maire du Grand Manchester et grand favori pour succéder à Keir Starmer, doit être officiellement investi député lundi vers 14h30 locales. Une étape indispensable pour prétendre à la direction du parti travailliste puis prendre la tête du gouvernement. Keir Starmer, très impopulaire, avait répété vendredi qu'il se battrait pour rester au pouvoir mais la pression a continué de monter ce week-end. Il n'a pas dit un mot depuis.
De nombreux journalistes étaient en place lundi dès l'aube devant Downing Street.
Plus de 100 députés travaillistes réclamaient le départ de Keir Starmer, soit environ un quart des députés du parti, selon l'agence Press Association.
« Changer le pays »
Avec cette démission, le Royaume-Uni connaît son septième Premier ministre en dix ans, une instabilité sans précédent dans l'histoire moderne de ce pays. Cet ex-avocat de 63 ans était pourtant arrivé au pouvoir en juillet 2024 après une victoire massive du parti travailliste aux législatives.
Les attentes étaient grandes après 14 années de gouvernements conservateurs. Mais, deux ans plus tard, le Royaume-Uni est toujours confronté à une économie apathique et à une forte hausse du coût de la vie. Keir Starmer a aussi commis des erreurs notables, comme celle de nommer Peter Mandelson ambassadeur à Washington. Neuf mois plus tard, celui-ci était limogé après des révélations sur son amitié avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein. Début mai, le Labour a subi une cuisante défaite à des élections locales, au profit du parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage, ce qui a intensifié les critiques contre Keir Starmer au sein du parti.
Au contraire, Andy Burnham, 56 ans, l'a emporté jeudi dans la circonscription de Makerfield, dans le nord de l'Angleterre, avec 54,8% des voix contre 34,5% pour le candidat de Reform UK. Andy Burnham, devenu maire du Grand Manchester en 2017 et surnommé le « roi du Nord » a répété pendant la campagne qu'il voulait « changer le Labour et le pays ». S'il a déjà été candidat malheureux à deux reprises à la tête du parti travailliste - en 2010 et 2015 -, il est la personnalité politique préférée des Britanniques, selon l'institut YouGov.
Farrage réclame des élections législatives
Nigel Farage, le chef de file du parti anti-immigration Reform UK en tête des sondages nationaux depuis des mois au Royaume-Uni, a appelé lundi à la convocation d'élections législatives après l'annonce de la démission du Premier ministre travailliste Keir Starmer.
« J'appelle à des élections législatives le plus tôt possible », a déclaré le champion du Brexit, dont le parti a infligé une cuisante défaite au Labour lors d'élections locales en mai, dans un texte publié sur les réseaux sociaux.
Hommage de Van der Leyen
Pour sa part, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a salué lundi « un homme d'État » qui a contribué à rendre l'Europe et l'Ukraine plus sûres, après la démission du Premier ministre britannique Keir Starmer.
« Vous êtes devenu un homme d'État en deux ans là où il faut des années à certains dirigeants. Grâce à vous, la sécurité de l'Europe et celle de l'Ukraine ont été renforcées. Merci, cher Keir », a affirmé la cheffe de l'exécutif européen sur X.


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