Un Français sera jugé jeudi à Patras (ouest de la Grèce) pour avoir tenté de ramener lui-même de Grèce sa belle-famille syrienne, et leur éviter ainsi une traversée par mer jusqu'à l'Italie avec des passeurs.
Stéphan Pélissier, un juriste d'Albi (Tarn, sud-ouest de la France) âgé de 42 ans, est marié avec Zéna, juriste également et expert judiciaire en traduction. D'origine syrienne, elle est installée en France depuis 10 ans. Le couple a deux fillettes.
En août 2015, au pic de la crise migratoire qui a vu un million de personnes, en majorité syriennes, traverser la Grèce pour trouver refuge dans le reste de l'Europe, les parents, le frère, la soeur et un cousin de Zéna tentent à leur tour le voyage depuis Damas. En Turquie, ils embarquent à 64 sur un canot qui a une fuite, et sont sauvés par les garde-côtes grecs qui les amènent sur l'île de Samos, raconte M. Pélissier.
Ils gagnent Athènes le surlendemain, et annoncent qu'ils envisagent une deuxième traversée périlleuse avec des passeurs, cette fois entre la Grèce et l'Italie.
"Là j'ai dit stop, on ne peut pas les laisser comme ça", raconte M. Pélissier à l'AFP. N'écoutant que "son instinct et son coeur", il saute dans sa voiture pour les rejoindre, via Ancône en Italie, un ferry, et Patras. Mais le lendemain, ils sont tous arrêtés au moment d'embarquer pour Ancône.
Les Syriens sont rapidement libérés, mais M. Pélissier, malgré le livret de famille dont il s'est muni, est pris pour un passeur. Un premier juge se montre néanmoins relativement compréhensif, le libérant sous une caution de 300 euros seulement. Il est néanmoins toujours poursuivi, et encourt jusqu'à dix ans de prison. "Les criminels ce n'est pourtant pas nous, c'est le régime syrien!" s'exclame-t-il.
M. Pélissier, qui n'assistera pas à son procès, fera valoir que l'infraction d'aide aux étrangers en situation irrégulière n'est pas reconnue en Grèce quand les personnes aidées font l'objet d'une protection internationale. Or, c'est désormais le cas de tous les membres de sa belle-famille, qui sont finalement parvenus en France après un périple en Europe centrale, et y ont obtenu l'asile pour dix ans.
D'autre part, il indique avoir pensé de bonne foi que s'appliquait en Grèce la même loi que celle qui, en France, dispense de poursuites les membres de la famille d'un étranger en situation irrégulière et qui lui viennent en aide.
Stéphan Pélissier, un juriste d'Albi (Tarn, sud-ouest de la France) âgé de 42 ans, est marié avec Zéna, juriste également et expert judiciaire en traduction. D'origine syrienne, elle est installée en France depuis 10 ans. Le couple a deux fillettes.
En août 2015, au pic de la crise migratoire qui a vu un million de personnes, en majorité syriennes, traverser la Grèce pour trouver refuge dans le reste de l'Europe, les parents, le frère, la soeur et un cousin de Zéna tentent à leur tour le voyage depuis Damas. En Turquie, ils embarquent à 64 sur un canot qui a une fuite, et sont sauvés par les garde-côtes...


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