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Nos lecteurs ont la parole - Antoine Sabbagha

Taxes entre hier et aujourd’hui

Le 5 janvier 1928, devant la grogne du peuple, les dépenses des ministres et députés et les lourdes taxes imposées, Béchara el-Khoury décida de former, avec le docteur Ayoub Tabet et Hussein bey el-Ahdab, un gouvernement de trois personnes pour gérer les affaires courantes, d'annuler tout poste inutile pouvant nuire au pays et de réduire le coût du fameux timbre fiscal (ou amiri), héritage ottoman. En ce qui concerne la situation économique, le port de Beyrouth était fier d'exporter à Marseille 180 paquets de soie et 325 paquets de coton. Le chiffre d'affaires des transactions atteignait plus de neuf millions de livres syriennes.
Presque un siècle s'est écoulé donc et avec les 128 députés que compte le Parlement actuellement et un gouvernement de 30 membres, le pays, avec ces lourdes taxes imposées, va droit à la faillite à cause de la mal-gérance. Commençons par les timbres fiscaux exorbitants dont l'achat est devenu électronique partout dans le monde et où tout se paye en ligne pour préserver une nature saine sans déchets en papier et ne plus tricher en donnant un timbre ou deux à celui qui vous fait la formalité. Et si on lit et l'on relit la liste des taxes publiées dans L'Orient-Le Jour, l'on se rend compte que c'est une mascarade. Aux bavards du peuple, nous dirons : ne parlez plus donc au téléphone, et aux buveurs de bière : comptez désormais vos bouteilles. Et si vous êtes adepte des jeux de chance, ne jouez pas trop. Quant à vous, Messieurs les Ministres et Députés, volez en avion autant que vous voulez, fumez vos cigares, construisez vos plus beaux sites balnéaires et, avec vos jets privés, invitez qui vous voulez, personne ne vous contrôlera et personne ne vous fera payer de taxe supplémentaire.
D'hier à aujourd'hui, qu'il est triste de constater que le pays du Cèdre part à la dérive. Les élections parlementaires sont proches, soyons-en conscients et surtout ne vivons pas comme en 1927 ou à la place des Martyrs on criait que « la voix est à 50 livres, votez » ! L'heure du changement a sonné. Il est grand temps de tout revoir pour réussir ensemble.

 

Le 5 janvier 1928, devant la grogne du peuple, les dépenses des ministres et députés et les lourdes taxes imposées, Béchara el-Khoury décida de former, avec le docteur Ayoub Tabet et Hussein bey el-Ahdab, un gouvernement de trois personnes pour gérer les affaires courantes, d'annuler tout poste inutile pouvant nuire au pays et de réduire le coût du fameux timbre fiscal (ou amiri), héritage ottoman. En ce qui concerne la situation économique, le port de Beyrouth était fier d'exporter à Marseille 180 paquets de soie et 325 paquets de coton. Le chiffre d'affaires des transactions atteignait plus de neuf millions de livres syriennes.Presque un siècle s'est écoulé donc et avec les 128 députés que compte le Parlement actuellement et un gouvernement de 30 membres, le pays, avec ces lourdes taxes imposées, va droit à la...
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