X

La Dernière

Défilé hors normes

Mode
Carla Henoud | OLJ
31/10/2017

Il s'appelle Aniss Ezzeddine, il a 21 ans et il achève ses études en stylisme à la LAU. Il y a quelques jours, le jeune homme a organisé un défilé à la fois courageux et inattendu, dans le cadre d'un événement baptisé «Reflections », incluant plusieurs disciplines artistiques dont la danse, le théâtre, la musique et la mode. L'objectif était de montrer que « nous sommes tous égaux, quelle que soit notre orientation sexuelle. Nous avons tous droit à la même liberté », précise-t-il à L'Orient-Le Jour.

Pour illustrer son idée et ses revendications, Aniss Ezzeddine a fait défiler 11 mannequins, hommes et femmes, ayant des choix sexuels, des contextes et des nationalités différents. « La diversité était pour moi essentielle. Je voulais montrer que, qui que l'on soit, d'où que l'on vienne, nous avons tous le droit d'être traités avec le même respect. »

 

 

 

 

Dans son défilé sur une scène transformée également en plateforme d'expression, les hommes et les femmes ont dévoilé la collection du designer et son envie de ne pas cloisonner les vêtements dans le traditionnel « pour hommes » ou « pour femmes ». Plus encore, il a choisi de montrer certains hommes en seroual ou même robes et talons hauts sans aucune crainte ni complexe. Les tissus, différents genres de cuir, « représentent l'être humain, souligne-t-il. J'ai privilégié la peau de serpent pour illustrer la mutation et le faux cuir pour exprimer le masque que l'on doit porter pour être accepté dans certaines sociétés. Les couleurs choisies sont foncées, du noir, du gris et du rouge essentiellement, pour exprimer la souffrance des personnes qui subissent ce manque de liberté. La musique un mix de la chanson Heads Will Roll par Yeah yeah yeah. Je voulais un son léger et heureux, pour installer l'ambiance d'un monde idéal où il fait bon être ».

La foule présente était constituée d'artistes et d'étudiants. Les réactions qui ont suivi étaient différentes, entre applaudissements et critiques. « Certaines personnes pensent que notre société n'est pas encore prête pour ce genre de liberté... Mais il fallait bien commencer quelque part. C'est sans doute le premier défilé du genre », explique le designer.

Briser les codes et les stéréotypes, briser l'enfermement, il fallait bien, effectivement, commencer quelque part, dans un pays où la censure et les mœurs, démodées, sont faites « sur mesure ».

Le défilé, sur YouTube, continue à susciter la surprise et des réactions diverses, à l'image de notre société aux mille visages.

 

Lire aussi

Retour sur la semaine de la mode parisienne

 

À la une

Retour à la page "La Dernière"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Dernières infos

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Soutenez notre indépendance!