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Retour sur la semaine de la mode parisienne

La Mode

Du 25 septembre au 3 octobre derniers, Paris accueillait une semaine de la mode où défilaient des collections printanières marquées par une fluidité accrue entre masculin et féminin, des emprunts au costume historique et un futurisme dystopique. En voici quelques temps forts.

25/10/2017

Alexander McQueen et la poésie punk
Fidèle aux obsessions romantico-gothiques d'Alexander McQueen, la directrice artistique de la marque, Sarah Burton, a reconstitué dans l'orangerie du jardin du Luxembourg le jardin à l'anglaise du manoir de Great Dixter. Une inspiration éminemment britannique courait dans la somptueuse profusion de fleurs qui plantait le décor. La collection infusée d'esprit punk multipliait les contrastes, rapiéçages et soies précieuses, clous et volants vaporeux, transparences et bottes de combat, trenchs et volants. Pure émotion à l'arrivée, digne de la bouleversante anthologie Savage Beauty, exposition au V&A Museum dédiée à l'œuvre d'Alexander McQueen qui en avait fait pleurer plus d'un en 2015.

L'élégante régate de Céline
Au club de tennis de Boulogne, sous une tente constituée de voiles de bateaux de course, Phoebe Philo, directrice artistique de Céline, a soufflé un vent d'élégance rigoureuse. La cape est sans aucun doute la vedette de cette collection, comme une transition entre les rigueurs de l'hiver et les premières brises marines qui la soulèvent et lui confèrent une allure à la fois tour d'ivoire et suivez-moi-jeune-homme. La masculinité d'un trench en peau est adoucie par des motifs floraux et perlés. Passepoils, corsages, dentelle, vestons oversize sont en cohérence avec une collection-clé de maroquinerie inventive, multipliant rayures, jeux de volumes et peaux exotiques.

Chanel sous les cascades du Verdon
Les défilés Chanel sous la verrière du Grand Palais sont toujours prétexte à de grandes productions de plus en plus spectaculaires. Dans un décor de cinéma, cette fois les gorges du Verdon et de véritables chutes d'eau, sans raison précise sinon que Karl Lagerfeld en a rêvé, la vénérable maison fondée en 1910 par Gabrielle Chanel a déployé une audace ultracontemporaine. Les mannequins ont défilé au bord d'une vraie rivière sur des pilotis au bout desquels ils s'enfonçaient dans une forêt. Pour se protéger des embruns, ils étaient recouverts de plastique transparent, fil conducteur d'une collection où tweed, carreaux, tartan, madras et franges, tout en structures futuristes et cols démesurés, avaient la part belle.

Robes paysannes et imprimés tribaux chez Chloé
Fondée en 1952 par Gaby Aghion, la maison Chloé qui a vu se succéder à sa direction artistique les plus grandes signatures de la mode moderne et contemporaine n'a jamais eu d'autre prétention que de démocratiser la qualité et offrir à la femme active un vestiaire confortable sans concession sur la séduction. Natasha Ramsay-Lévy qui assure aujourd'hui cette délicate succession après un long passage chez Louis Vuitton demeure fidèle à la pensée de la fondatrice. Elle a exhumé des archives quelques trésors revisités avec sa touche particulière, robes paysannes, motifs tribaux, tailleurs et manteaux en velours un peu 70's revisités avec une étonnante modernité.

Chez Dior, « adioration » et verre brisé
Maria-Grazia Chiuri restera dans les annales de Dior comme la créatrice qui a transformé le gris perle emblématique de la maison en bleu de chauffe ouvrier. Le thème de sa nouvelle collection printanière est sans aucun doute le miroir éclaté, cela ajouté à un pamphlet féministe des années 70, posé sur les sièges à l'entrée du jardin du musée Rodin : Pourquoi n'y a-t-il pas eu de grandes femmes artistes de Linda Nochlin. Cela donné, la présentation s'est déroulée dans un décor de verre brisé, sans doute manière d'inviter la femme à modifier son regard et celui des autres sur son statut et sur elle-même. Tout aussi présente en filigrane de la collection est l'œuvre de Niki de Saint Phalle, amie de Marc Bohan, premier successeur de Christian Dior. Au final, brides « J'Adior », motifs Niki, broderies de tarot et autres tags loufoques, pantalons larges et pulls marins offrent un Dior nouveau, décalé et rafraîchissant.

Somptueux collages chez Valentino
Pierpaolo Piccioli, séparé du binôme qu'il formait chez Valentino avec Maria-Grazia Chiuri, poursuit seul l'aventure à la tête de la direction artistique de l'ultragracieuse maison romaine. Leur émulation fonctionne visiblement à plein régime, et au triomphe fait à Chiuri répond le véritable adoubement de Piccioli par Valentino Garavani qui l'a longuement serré dans ses bras à la fin de la présentation. Accolade méritée pour une collection d'un raffinement inégalé, déployant la même grâce dans la ligne sportswear jouant les superpositions de matières et le poudrage argenté, que dans la ligne de soirée, impeccables petites robes noires et exaltante débauche de volants éthérés. Le vestiaire masculin s'invite dans les vêtements d'extérieur entre zips et poches. L'inspiration est hybride et résulte d'un collage entre l'œuvre de Paolo Uccello et le futurisme des années 60.

 

 

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