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La Première ministre polonaise votera pour l'interdiction de "l'avortement eugénique"

AFP
19/10/2017

La Première ministre conservatrice polonaise Beata Szydlo a annoncé jeudi qu'elle allait voter pour un projet de loi prévoyant l'interdiction de "l'avortement eugénique" en Pologne, pays dont la loi est déjà l'une des plus restrictives en Europe après l'Irlande et Malte.

"Je suis sûre que le projet de loi trouvera un grand soutien dans notre groupe parlementaire. Bien évidemment, moi-même je voterai pour son adoption. Je suis contre l'avortement eugénique", pratiqué en cas de malformations de foetus, a déclaré Mme Szydlo dans une interview à la revue catholique Gosc Niedzielny parue jeudi.
Une nouvelle proposition d'initiative citoyenne doit être prochainement déposée au Parlement par le comité "Stop Avortement".
La loi en vigueur en Pologne, pays majoritairement catholique, autorise l'IVG seulement dans trois cas: risque pour la vie ou la santé de la mère, grave pathologie irréversible chez l'embryon et grossesse résultant d'un viol ou d'un inceste.

Le comité "Stop Avortement" qui a collecté plus de 200.000 signatures veut supprimer le second critère prévoyant le droit à l'IVG en cas de malformation du foetus comme la trisomie 21.
Le président polonais Andrzej Duda, issu du parti Droit et Justice (PiS) au pouvoir depuis deux ans, proche de l'Eglise catholique, a déjà annoncé qu'il allait signer la loi si elle est adoptée.

L'année dernière, le Parlement polonais a rejeté une proposition encore plus restrictive sous la pression de grandes manifestations de femmes dans toutes les villes du pays.
Elle prévoyait des peines de prison pouvant atteindre cinq ans pour les médecins et autres personnes participant à l'IVG, y compris pour les patientes elles-mêmes, mais autorisait le juge à renoncer à punir ces dernières.

Depuis 1993, l'avortement pour des raisons sociales et personnelles est interdit en Pologne ce qui a conduit au développement d'un marché clandestin des IVG et d'un "tourisme abortif" de Polonaises vers des pays voisins où l'IVG est autorisée comme l'Allemagne et la République Tchèque ou l'Ukraine et le Bélarus pour les femmes mois aisées.

Par ailleurs, Varsovie vient d'adresser à l'ONU sa position concernant les travaux sur l'article 6 du Pacte des droits de l'Homme estimant que la législation en matière de l'avortement devrait relever uniquement de la législation du pays, et non celle des institutions internationales comme l'UE ou l'ONU.
Les travaux du Comité des droits de l'homme de l'ONU sur une révision de la définition "du droit à la vie" suscitent l'inquiétude des milieux pro-life qui y voient une tentative d'imposer une légalisation universelle de l'avortement et de l'euthanasie.

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