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Moyen Orient et Monde

Les deux grands partis kurdes en guerre ouverte

Irak

Après la déroute des peshmergas à Kirkouk, l'UPK et le PDK s'accusent mutuellement de vol, d'autoritarisme et de trahison.

OLJ
18/10/2017

Les deux grands partis kurdes irakiens sont entrés en guerre ouverte après le succès des forces irakiennes face à leurs combattants à Kirkouk, plusieurs cadres de l'Union patriotique kurde (UPK) accusant le président du Kurdistan irakien de « vol ». Entre le Parti démocratique du Kurdistan (PDK) de Massoud Barzani, président de la région autonome, et l'UPK, créé par Jalal Talabani, récemment décédé, la rancœur est ancienne. Ils se sont même combattus dans les années 1990. Et le référendum sur l'indépendance tenu le 25 septembre au Kurdistan irakien a remis le feu aux poudres.
Cette consultation a été « imposée par la force », affirme Ala Talabani, députée de l'UPK au Parlement de Bagdad, alors que le président Barzani a refusé de prêter l'oreille à ceux parmi les Kurdes qui proposaient un report de ce référendum et des négociations sous l'égide de l'ONU, comme aux propositions de médiation du président irakien, le Kurde Fouad Massoum. « Pendant que nous étions occupés à protéger le peuple kurde, Massoud Barzani s'activait à voler le pétrole et à renforcer son influence », accuse Lahour Cheikh Zengi, chef du contre-terrorisme kurde dans la région de Souleimaniyeh, fief de l'UPK. « À partir de maintenant, nous ne sacrifierons plus nos fils pour le trône de Massoud Barzani », ajoute-t-il.
Chef du PDK fondé par son père, Massoud Barzani a été élu à la présidence de la région autonome en 2009. Son mandat de quatre ans avait été prolongé de deux ans par le Parlement régional en 2013. Il a, ensuite, continué d'occuper cette fonction, l'activité de cette assemblée étant gelée en raison de disputes politiques. Devant l'opposition résolue de ses adversaires, il a affirmé ne pas vouloir se représenter à la présidence, mais après le référendum, il a créé la Direction politique du Kurdistan, dont il a pris la gérance. Par le biais de cet organe censé « gérer les conséquences du scrutin et les relations avec Bagdad et les pays voisins », M. Barzani cherche à garder la haute main sur la région autonome, selon ses détracteurs.

Trahison
Les dirigeants de l'UPK ont le sentiment qu'à cause de la maladie de son adversaire Jalal Talabani, victime d'un AVC en 2012 et décédé début octobre, Massoud Barzani a pris seul toutes les décisions.
Face à son refus de remettre en cause le référendum et de rendre à Bagdad les infrastructures que les combattants kurdes avaient prises à l'armée durant l'offensive éclair du groupe État islamique en 2014, notamment dans la région disputée de Kirkouk, qui dépend en théorie de Bagdad, l'UPK a alors négocié en secret avec le Premier ministre irakien Haïder al-Abadi. « Certains de nos dirigeants ont coopéré au redéploiement des forces gouvernementales à Kirkouk », qui a débuté dans la nuit de dimanche à lundi, a ainsi affirmé un haut responsable de l'UPK à Kirkouk. « Ils ont facilité leur entrée sans heurts », a-t-il ajouté. « M. Abadi avait prévenu, la veille du référendum, qu'il donnerait l'ordre d'entrer dans Kirkouk (...), mais des dirigeants kurdes ont ignoré ces avertissements », a-t-il encore dit. « En outre, le PDK et le ministère des peshmergas (combattants kurdes) ne se sont pas préoccupés des combattants (de l'UPK) basés dans le sud de Kirkouk et ne leur ont pas fourni l'armement nécessaire », a précisé ce responsable.
Selon un haut gradé kurde engagé sur le front sud, des combattants kurdes se sont ainsi retirés de certaines positions après « qu'une dizaine de peshmergas eurent été tués ». « Nous disions depuis des jours que nos équipements ne suffiraient pas, mais nous n'avons pas été écoutés », a dit ce haut gradé.
De son côté, le commandement peshmerga à Erbil a accusé « certains responsables de l'UPK » d'avoir « trahi et aidé au complot ». « Les médias de Massoud Barzani nous accusent », rétorque Ala Talabani, mais « personne ne sait où est l'argent des puits de pétrole que le parti de Barzani contrôle depuis juin 2014 ».

Abdallah IBRAHIM/AFP

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Ali Kozlu

Quelle belle nouvelle !
Bande de voleurs, terroristes !
Vive la Turquie !
Et l'armée iraquienne !

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