Culture

Beirut Open Space : tout pour le live, enfin...

Musique

Ouvert le 1er septembre 2017 au cœur de Beyrouth, le BOS s'est donné pour mission d'accueillir tous les groupes de musique et tous les genres musicaux, quelles que soient leurs origines. En se donnant les moyens de sa réussite.

16/10/2017

Élias Maroun est un homme de conviction. Et il aime atteindre ses objectifs. Calmement, secrètement, mais sûrement.

Quand il lance Beirut Open Stage en 2013, il sait déjà que son objectif est de montrer à tous que la scène musicale libanaise est vivace, qu'elle est multiple et qu'elle a besoin d'un espace pour s'exprimer. Il existe beaucoup de scènes sur lesquelles les groupes peuvent jouer, mais aucune n'est réellement spécifique au live. Surtout qu'on ne sait plus qui est en première partie d'une soirée; qui est là pour (essayer de) remplir un endroit, ou qui est là pour faire plaisir à la cousine du beau-frère du cousin du caissier qui sait « jouer de la guitare comme personne »... Élias Maroun est de la génération post-Scrambled Eggs, post-Who Killed Bruce Lee : il est de la génération Mashrou' Leila, mais il sait qu'il y a une scène en dehors du mastodonte. Lui-même, voix en miel et guitariste hors pair, il côtoie quotidiennement d'autres voix, d'autres guitares, d'autres talents. Alors, en 2013, il crée Beirut Open Stage, qui a pour mission de donner le micro à des groupes avec des compositions originales.

Élias Maroun refuse les groupes de reprises. Ça n'est pas une question de talent : c'est une question d'ambition(s). Toujours. Et il sait que le pays regorge d'artistes qui veulent s'exprimer, mais qui ne savent pas comment. Lui va fournir à ses artistes sans toiles les moyens de jouer et de partager leurs morceaux.

De petites salles en plus grandes salles, l'aventure grandit, forcément. Et maintenant que les sessions découvertes sont assurées, le premier étage de la fusée accueille le second, sous la forme de compilations, les fameuses Beirut Wave, au nombre de deux. Elles proposent un mix de nouveaux groupes et de valeurs sûres. Who Killed Bruce Lee sont sur les deux compilations, parce que le groupe n'oublie jamais d'où il vient et tient à soutenir la scène locale et les nouveaux talents. Il n'y a rien de mieux que la compétition pour avancer et s'améliorer. Maintenant que le projet a de la visibilité, de la crédibilité et un historique, il a besoin d'une scène, d'un benchmark. C'est bien beau de jouer au Behind the Green Door ou au Factory, mais ces endroits vivent sans BOS, et BOS a besoin de son écrin. La génération est tellement riche, les groupes sont tellement nombreux, que Beyrouth a besoin de son CBGB (bar new-yorkais dans lequel est née la scène punk), ou de son Élysée Montmartre...

 

Troïka
Alors Élias Maroun cherche. Il veut un emplacement dans Beyrouth, pas trop grand, facile d'accès et économiquement viable, l'équivalent du Recherche stagiaire avec expérience. Sauf que Beyrouth est une ville d'opportunités, et le jeune homme, un pragmatique. Le lieu sera donc à Memory Lane à Mar Mikhaël, en plein cœur de l'action, là où sa clientèle se trouve. Et comme Élias Maroun est intelligent, il s'associe avec deux acteurs incontournables de la scène musicale, Fadi Tabbal et Ziad Naufal, soit les équivalents, toutes proportions gardées, du propriétaire de Abbey Road Studio (studio d'enregistrement des Beatles) et de John Peel, animateur légendaire de la BBC, auteur notamment du tristement fameux « Ian Curtis est mort ».

Cette troïka est à elle seule une éternité d'amour de la musique qui est assurée. Entre le découvreur de talents, le révélateur de talents et l'encyclopédie des talents, le projet est entre de bonnes mains. Un groupe d'amis, amoureux de la musique, se joint à eux pour le financement, et c'est ainsi que naît, le 1er septembre 2017, le Beirut Open Space. Tout y a été fait dans le respect du son, celui du groupe qui joue et celui des voisins qui n'entendent rien. Dommage pour eux, car depuis l'ouverture, le rythme des concerts est hebdomadaire, deux fois par semaine, les vendredi et samedi, et la salle ne désemplit pas. L'entrée se fait par le Memory Lane, et la capacité de l'endroit est parfaite pour ce type d'événement.
Et oui, il faut payer l'entrée, mais dans les années 60, les clients du Whisky a Go Go à Los Angeles payaient aussi leur entrée pour écouter les débuts des Doors. Par exemple...

http://www.beirutopenstage.com/ 
https://www.facebook.com/pages/Beirut-Open-Space/972857076186809 
https://www.youtube.com/user/BeirutOpenStage 

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Sylvie Baaklini

genial elias

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