Rechercher
Rechercher

Politique - Décryptage

Une intervention militaire syrienne contre le Hezbollah est-elle possible ?


Sommes-nous à la veille d’une intervention militaire syrienne contre le Liban ? Ce qui n’était, il y a quelques semaines encore, qu’une suggestion, voire un conseil adressé d’abord par l’émissaire américain Tom Barrack, puis par le président Donald Trump lui-même, au président syrien Ahmad el-Chareh, est en train de se préciser. C’est en tout cas ce qu’indiquent les derniers développements entre le Liban, la Syrie et l’Irak. Est-ce à dire qu’une telle intervention est devenue inéluctable ? Les avis sont partagés sur la question et le Hezbollah, lui, n’y croit pas trop... pour l’instant.

Commençons d’abord par les faits : il est vrai que ces derniers temps, le président américain a répété à plusieurs reprises qu’Ahmad el-Chareh devrait se charger de la question du désarmement du Hezbollah au Liban, car il accomplirait cette mission de manière beaucoup plus « efficace » que les Israéliens. Mais depuis sa rencontre avec Ahmad el-Chareh en marge du sommet de l’OTAN en Turquie, ses déclarations semblent plus précises. Trump a ainsi affirmé avoir obtenu l’accord du président syrien pour une telle opération. Au lendemain de cette déclaration étonnante, les autorités syriennes ont annoncé avoir arrêté une cargaison d’armes en provenance d’Irak et destinée au Hezbollah, à la frontière syro-irakienne. Fait notoire, cette information a été révélée à la presse après la visite du nouveau Premier ministre irakien Ali Zaïdi à Washington, au cours de laquelle il a rencontré Donald Trump, et après l’annonce par les autorités irakiennes de l’adoption des restrictions bancaires américaines contre des membres du Hezbollah et contre le chef des Marada, Sleimane Frangié.

Pourtant, les faits remontent, selon plusieurs médias, au 7 juillet. Une cargaison d’armes, essentiellement des drones et des missiles téléguidés et de longue portée, dissimulée dans des camions-citernes pour transporter le pétrole, a été découverte à la frontière syro-irakienne. Les armes ont été confisquées et, selon les médias syriens, il est apparu qu’elles étaient destinées au Hezbollah. Ce dernier a eu beau nier être le destinataire de la cargaison et répéter qu’il n’a aucune activité, ni militaire ni autre en Syrie, la version a été maintenue. Dans ce cadre, les déclarations récentes d’Ahmad el-Chareh et de son ministre des Affaires étrangères sur leur disposition à rencontrer des représentants du Hezbollah si cela s’avère dans l’intérêt des deux pays ont été relayées au second plan. Ces différents éléments, mis côte à côte, laissent donc penser que quelque chose se prépare entre le Hezbollah et la Syrie. S’agit-il d’une opération militaire syrienne ou d’une tentative de resserrer l’étau militaire, politique et financier autour du parti ? Il est sans doute encore trop tôt pour le dire.

Pour l’instant, il est clair qu’on ne peut pas isoler tous ces éléments de la frappe iranienne de jeudi soir contre la base américaine de Tanf en Syrie. Pour la première fois depuis le début des hostilités et des frappes américaines contre l’Iran ainsi que des frappes iraniennes contre des installations américaines dans les pays du Golfe et en Jordanie, les avions iraniens ont frappé des installations militaires américaines en Syrie. Cette démarche ne peut pas être une simple coïncidence au moment où les déclarations américaines sur le rôle musclé joué par le pouvoir syrien contre le Hezbollah se multiplient. Il s’agirait donc clairement d’une menace adressée aux autorités syriennes et, bien sûr, aux forces américaines déployées en Syrie. Elle se résumerait ainsi : Si vous touchez au Hezbollah, l’Iran ne restera pas les bras croisés. En parallèle, la milice irakienne des Forces de mobilisation populaire a adressé un message clair aux autorités syriennes pour leur dire que si elles s’en prennent au Hezbollah, celles-ci chercheraient à pénétrer en Syrie par le front du nord-est.

Ce sujet fait l’objet de réunions internes au sein du Hezbollah afin d’en étudier les conséquences. Pour l’instant, le parti continue de croire qu’une telle hypothèse n’est pas envisagée, pour plusieurs raisons.

D’abord, l’armée syrienne est en pleine reconstitution et n’est pas en mesure de mener actuellement une opération militaire contre le Hezbollah, d’autant que, selon les informations du Hezbollah, il y aurait des conflits et des tiraillements entre différents courants en Syrie. De plus, le Hezbollah est convaincu que pour l’instant, les autorités syriennes considèrent que les Israéliens – qui occupent des portions du territoire syrien – constituent pour la Syrie la menace la plus importante.

Le Hezbollah mise aussi, dans ce contexte, sur les positions de la Turquie et du Qatar qui sont ouvertement hostiles à toute intervention militaire syrienne au Liban. Mais il craint tout de même que cette position n’ait changé après la dernière rencontre entre Trump et Erdogan, dans le cadre du sommet de l’OTAN. Toutefois, les autorités du Qatar auraient transmis au Hezbollah leur refus d’une telle aventure. Pour l’instant donc, une opération militaire est écartée. En revanche, le processus visant à encercler le Hezbollah sur les plans économique et financier peut se poursuivre.

Sommes-nous à la veille d’une intervention militaire syrienne contre le Liban ? Ce qui n’était, il y a quelques semaines encore, qu’une suggestion, voire un conseil adressé d’abord par l’émissaire américain Tom Barrack, puis par le président Donald Trump lui-même, au président syrien Ahmad el-Chareh, est en train de se préciser. C’est en tout cas ce qu’indiquent les derniers développements entre le Liban, la Syrie et l’Irak. Est-ce à dire qu’une telle intervention est devenue inéluctable ? Les avis sont partagés sur la question et le Hezbollah, lui, n’y croit pas trop... pour l’instant.Commençons d’abord par les faits : il est vrai que ces derniers temps, le président américain a répété à plusieurs reprises qu’Ahmad el-Chareh devrait se charger de la question du désarmement du Hezbollah au...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut