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Nos lecteurs ont la parole - Par Sylvain Thomas

Prendre à cœur les problèmes journaliers

Pourquoi ne pas régler les contrariétés lorsqu'elles se présentent au jour le jour. « Il faut s'en faire », disent les optimistes. D'autres disent, au contraire : « Pourquoi ne pas s'en faire? » Y eut-il jamais époque plus propice au tourment ? Alors profitons-en ! Chacun se doit à lui-même de s'empoisonner un peu tous les jours. Nul ne sait mieux que quiconque aller au-devant du malheur. Aussi, grâce à une certaine expérience en la matière, on peut indiquer quelques solutions et réflexions à ce sujet.
Tout d'abord, ne repousser jamais un souci à l'arrière-plan. Ne nous disons pas : « Aujourd'hui, je ne veux pas m'alarmer. Je vais me distraire avec une bonne lecture, il sera bien temps, demain, de penser aux embêtements qui s'acharnent. » Mais on ne sait jamais, il se pourrait que, le lendemain, nous nous amusions davantage encore.
Ne pas permettre non plus aux autres qu'ils nous disent : « Ce n'est pas à votre âge qu'on se fait du mauvais sang. » Mince,
il n'est jamais trop tôt pour commencer. Ce sont souvent les jeunes qui se font le plus de bile. L'important, c'est d'arriver à découvrir le genre de tracas qui convient le mieux à notre tempérament et de nous y cramponner. À première vue, nous serons tenté de nous dire : « C'est inutile de nous tracasser pour si peu. » Or ce n'est pas du tout ainsi qu'il faut prendre les choses. Nous nous rendrons bien vite compte que nous pouvons nous faire un sang vif écarlate pour des bagatelles qui semblent, au premier abord, ne pas offrir la moindre prise. N'avons-nous jamais essayé, par exemple, de nous laisser obséder par quelque chose d'indiscret ou de frêle que nous croyions avoir dit à un ami ? En nous y prenant bien, nous arriverons à nous gâcher toute une journée de cette façon-là. Mieux encore ! Cette phrase qu'on nous a dite dans la conversation, n'était-elle pas volontairement blessante ? Comme nous ressentons, le champ d'influence et de casse-tête est illimité.
Franchement, donnons notre préférence à rechercher un de ces petits désagréments absurdes que nous soignons amoureusement pour le transformer en véritable catastrophe. Dès que nous avons glissé un SMS dans notre cellulaire à notre petite amie, on commence à s'agiter : « Est-ce que nous avons bien choisi les termes? N'avons-nous pas été plutôt agressifs ? » Et ainsi de suite, jusqu'à ce que nous soyons à bout de nerfs.
Mais ce n'est pas une raison pour négliger les tourments classiques, tels que le sort de cette jeune fille sensible que nous connaissons depuis six mois. Le triste sort des doutes est comme un ouvrage que nous bricolons et laissons de côté, pour le reprendre à des moments perdus.
N'oublions surtout pas l'équilibre psychologique. Nous nous croyons peut-être bien portant, mais il y a gros à parier qu'en ce moment précis nous sommes en train de couver du stress. En feuilletant une encyclopédie médicale, nous nous découvrons une dizaine de symptômes d'ordres psychologique et médical pour le moins.
D'ailleurs, si nous n'arrivons pas à nous inquiéter pour notre santé, il reste la famille, et les amis. On se souvient d'une brave dame qui s'est fait du mauvais sang pendant six ans au sujet de son fils unique, lequel n'a jamais eu mal nulle part.
Ah ! nous allions omettre de traiter la question financière. Pour celle-là, c'est simple comme bonjour ! Si nous n'avons pas d'argent, nous n'avons qu'à demander un prêt de la banque, et si nous avons placé des actions et obligations en Bourse, la crainte des fluctuations et des turbulences nous harcèlera.
Un bon conseil : ne prenons pas en considération les commentaires de ceux qui nous affirmeront qu'il ne faut pas prendre à cœur nos doutes et ne pas s'en faire ! Ne laissons pas passer un seul jour sans regretter que nous n'y avons pas mis la main à la besogne pour corriger et remédier à ce que nos intuitions positives nous soufflent à l'esprit. Il ne faut pas perdre la main. Voilà le secret. Que pensons-nous qu'il arriverait aux penseurs et bien-pensants s'ils n'entretenaient pas leur matière grise par des réflexions continues à la lumière de leur sagesse et de leur discernement pour prendre à cœur et résoudre leurs ennuis comme aussi leurs soucis et doutes journaliers ?

 

Pourquoi ne pas régler les contrariétés lorsqu'elles se présentent au jour le jour. « Il faut s'en faire », disent les optimistes. D'autres disent, au contraire : « Pourquoi ne pas s'en faire? » Y eut-il jamais époque plus propice au tourment ? Alors profitons-en ! Chacun se doit à lui-même de s'empoisonner un peu tous les jours. Nul ne sait mieux que quiconque aller au-devant du malheur. Aussi, grâce à une certaine expérience en la matière, on peut indiquer quelques solutions et réflexions à ce sujet.Tout d'abord, ne repousser jamais un souci à l'arrière-plan. Ne nous disons pas : « Aujourd'hui, je ne veux pas m'alarmer. Je vais me distraire avec une bonne lecture, il sera bien temps, demain, de penser aux embêtements qui s'acharnent. » Mais on ne sait jamais, il se pourrait que, le lendemain, nous nous...
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