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La Dernière

Je ne peux pas, j’ai piscine...

Un peu plus
07/10/2017

On a toujours une bonne excuse pour ne pas. Ne pas faire du sport, ne pas sortir. Pour procrastiner, rater un mariage ou l'école. Toujours un bon prétexte pour être en retard, ne pas aller à une soirée barbante ou envoyer paître un rencard foireux. Une explication douteuse pour une annulation de dernière minute.

C'est souvent le sport qui arrive en tête de liste des choses qu'on n'a vraiment pas envie de faire ; manger du chocolat le suivant de très près. « Je n'ai pas le temps de faire du sport, je bosse toute la journée, je n'ai pas une minute à moi » : ça, c'est pour ceux qui ne bougeront leurs fesses pour rien au monde. Dans le même genre, il y a le « c'est trop cher ». Quant à ceux qui en font épisodiquement, tout est possible. « J'irai demain, ce soir, y'aura trop de monde » ; « Je n'ai pas le temps de me laver les cheveux après mon cours, j'ai un dîner ensuite » ; « Mon fils a un contrôle demain » ; « Mes affaires de sport sont au lavage » ; « Je ne peux faire mes squats à la maison » ; « Je suis fatigué(e) ». La voilà, l'excuse bidon numéro un pour tous les plantages.

Impossible de bouger, ni pour monter sur un treadmill, ni pour aller au cinéma, ni pour boire un verre avec ses potes, et surtout pas pour se dandiner sur un dance-floor. Sauf que la fatigue n'est pas un bon argument en cas de dîner pompeux et pompant. Surtout quand on a été invité il y a un mois. Manque de pot, on ne s'est pas excusé on the spot. « Je suis désolé(e), j'avais oublié que c'était l'anniversaire de ma tante »; « Mince, c'est le baptême de mon neveu » ; « Ma sœur se fiance »– événements majeurs décidés la veille évidemment. Mais bien sûr. Généralement, ces petits/gros mensonges sont sortis à la dernière minute. Genre, une heure avant le déjeuner. « J'ai une gastro », aussi, bien plus élégant que d'avoir une diarrhée. Joli prétexte quand on doit sortir un truc à ses copains pour un plan informel. « Je me lève tôt demain » ; « J'ai une sale tête »; « Je veux continuer Narcos ». Les excuses ne sont pas forcément des mensonges. C'est juste qu'on préfère ne pas dire : « Je n'ai pas envie. »

« Je n'ai pas entendu mon téléphone » ; « Je n'ai pas vu ton Whatsapp » ; « Ah bon, tu m'as appelé(e) ? » ; « Mon téléphone déconne » ; « J'ai perdu mes contacts, je ne savais pas que c'était toi » ; « Je n'avais pas de réseau, plus de batterie » : classiques. Classiques, comme les « mon fils est malade », pas mal quand le petit n'a pas envie d'aller à un anniversaire ou que la mère n'a pas envie de l'accompagner. Surtout que ledit fils a posté sur Instagram une photo de lui sautant dans les vagues à Rimal. On tente le tout pour tout. « Ma grand-mère est morte » quand on a raté l'école; grand-mère, mille fois morte, mille fois revécue. Pour toutes celles et ceux qui, un jour, ont séché les cours. Une excuse parfois trouvée par un employé en retard. Mais dans ce cas, en général, les embouteillages ont la palme. « Je suis coincé au City Mall » ; « Il y a des travaux à Accaoui » ; « Je ne sais pas ce qui se passe au niveau du Casino », etc. C'est souvent vrai, on ne sait pas pourquoi un jour ça bouche, un jour ça ne bouche pas. Toujours est-il qu'au bout de 15 ans de trajet Sin el-Fil-Naccache, on peut s'y prendre à l'avance. Mais ceux qui sont en retard sont toujours en retard. On est également doué avec les darak qui nous voient accrochés à nos téléphones. « Je parlais à ma mère, elle a eu un infarctus » ; « Ma fille est dans la rue » ; « C'est la première fois, je vous jure » ; « Je ne comprends pas l'arabe » ; « Please, please, bcharafak, je ne le referai plus » ; « Ah bon, c'est l'entrée d'un parking ? » ; « C'est une place pour handicapés ? » ; « C'est un sens interdit ? »...

Il y a les doués du mensonge et les infirmes de l'argumentation. « Je ne peux pas laisser le chat seul toute la journée » ; « Je ne connais personne » ; « Je ne vais pas descendre de Faraya » ; « Je suis au régime, donc ça ne sert à rien que je vienne ». Le fameux régime est un bon prétexte aussi. Normal, quand on est à la diète, on n'a pas le droit de manger le me7ché wara2 3enab dégueulasse de la voisine, ni de boire de l'alcool.

Sauf que quand on est au régime, il y a un aliment, un seul et unique aliment qui bat tous les records de justificatif. Surtout chez les femmes. Le chocolat. « Je vais avoir mes règles » ; « J'ai mes règles » ; « Je suis en ovulation »; « Je suis fatiguée » (tiens, on le retrouve) ; « J'ai besoin de sucre »; « Je n'arrive pas à dormir » ; « Je suis stressé(e), déprimé(e), angoissé(e) ». Ou « Mon mec vient de me larguer. » D'où le chocolat.

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