Culture

Hatem Imam, le garçon à la vitrine...

Portrait

Il est le quatrième artiste à occuper l'espace de la vitrine du BAR (Beirut Art Residency) pour interpeller les passants. Mais derrière cette façade, il y a un rapport bien plus mouvementé avec la culture. Rencontre pour fouiller le passé et l'arrière-maison.

07/10/2017

Après Ziad Antar, Pascal Hachem et Laure Ghorayeb, Hatem Imam est le quatrième artiste à présenter son œuvre dans l'espace de la vitrine du BAR (Beirut Art Residency)*. Un grand gaillard de 39 ans, cheveux sel et poivre en bataille avec une barbe de quelques jours, tee-shirt et jeans noirs sur espadrilles blanches, lunettes à grosse monture aux verres épais et cette hirondelle tatouée sur l'avant-bras droit. À côté, ami fidèle et compagnon de l'inspiration, jappant et frétillant de la queue, Beijo (appelé ainsi car il a le poil beige) un cocker-lévrier (« On n'a jamais su ce qu'il était, c'est un bâtard », dit son maître en souriant) d'une douceur parfaitement canine...

Enseignant à l'Université américaine de Beyrouth, formé au Graphic Design et aux Fine Arts avec un diplôme supérieur de la University for creative art de Canterbury (Royaume Uni), Hatem Imam est certainement un peu touche-à-tout : graveur, comédien, dessinateur... Mais il se place finalement et incontestablement sous le label de « graphic designer ».

Pour en revenir à cette vitrine qui sera offerte aux regards du public jusqu'au 5 novembre prochain, l'idée proposée est un paysage abstrait, un peu lunaire, sculpté dans du plexiglas, injecté d'encre et dardé de lumière. Mais avant cette œuvre, aujourd'hui la tête de l'iceberg des activités de Hatem Imam, il y a plein de projets qui ont inondé Beyrouth et pavé son parcours fructueux. D'abord, en free-lance, le livre de Jalal Toufic. Puis la collaboration avec Rabih Mroué (pour l'affiche et un rôle d'acteur) dans deux pièces du dramaturge. Sans oublier de noter son apport dans la communication pour le Festival de Baalbeck concernant « poster », programme et « billboards ». Et finalement, pour ce fervent lecteur de Kamal Salibi, Sahar Mandour et des bandes dessinées, ainsi que pour ce mordu de jazz (Brazil), de Django Reinhardt et de musique expérimentale, parfaitement dans le ton de sa génération, voilà qu'il fonde, il y a quelque temps, Studio Safar et son journal bilingue (anglais-arabe), publié une fois l'an : du design pour tout ce qui est culture visuelle.

 

(Pour mémoire : « Journal Safar », le livre de la jungle libanaise)

 

Déjà sur les étagères des librairies avec des éditions qui ont pour titre Nourouz (Printemps), Animals (Animaux), Obsession et, en préparation pour l'an prochain, Nostalgia. « Non pas la nostalgie vaine et stérile mais comme moyen de réflexion critique », précise le jeune homme l'œil soudain malicieux...
Mais il y a aussi Samandal, un magazine pour « comics » dont le graphic designer signe les bulles en ajoutant qu'il n'a toutefois pas l'ambition de la plume au sens littéraire du terme...

En chantier pour cet infatigable travailleur dans son bureau sis dans un vieil immeuble à plafond haut à Gemmayzé, devant son ordinateur à l'écran toujours allumé et entouré d'un amoncellement de paperasses, la liste des projets s'allonge.

Pour celui qui définit le design « comme une sorte de production culturelle », d'abord le livre d'Abboudé Abou Jaoudé, des posters sur le cinéma libanais, ensuite une monographie des photographies de Tania Traboulsi et, pour terminer, pour le moment, dans la collection Kaf Books, un ouvrage de Rabih Mroué sur la photographie.

Mais il y a aussi ce travail en cours pour l'AUB-MC et la curatrice Amanda Abi Khalil pour exécuter des dessins (il songe déjà à ses paysages abstraits !) au-dessus des lits des patients... Entre-temps, rien n'interdit de jeter un nouveau coup d'œil sur le paysage de Hatem Imam dans la vitrine du BAR. Un plaisir visuel gagné, la découverte d'un talent, un appel à la fiction, une invitation au rêve et à la méditation.

 

*Beirut Art Residency, Rue Pasteur, Gemmayzé

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