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Liban

Quand un tout petit projet se transforme en succès à Jiyeh

Régions

Rana Azzi, la quarantaine, a décidé de retourner au village après avoir travaillé plus de vingt ans à Beyrouth.

04/10/2017

« J'ai pris mon courage à deux mains. La région n'est pas facile, même si elle est de plus en plus prisée par les Beyrouthins qui viennent pour la plage », relève d'emblée Rana Azzi.

La jeune femme a ouvert il y a tout juste deux ans un petit hôtel à Jiyeh. Rien que cinq chambres dans un immeuble inachevé. L'été 2017, elle a lancé son idée de petit déjeuner libanais, qu'elle sert tous les jours jusqu'à 11 heures : manakiche, fatté, beyd bi awarma... La formule a remporté un véritable succès cet été.
« Il n'est pas facile pour les chrétiens de la région de monter des entreprises », dit-elle. Le barrage semble surtout psychologique. Rana Azzi fait référence à deux déplacements forcés que les habitants de cette localité majoritairement maronite de la côte du Chouf ont dû subir. « J'étais âgée de quelques mois en 1976 quand les habitants chrétiens de la côte du Chouf, comme Jiyeh, Damour et Saadiyate, ont été évacués.

C'est un bateau qui a amené ma famille jusqu'au port de Jounieh », raconte-t-elle. À l'époque, à quelques jours des massacres de Damour, perpétrés par les miliciens palestiniens en janvier 1976, des milliers de chrétiens avaient été évacués. Le second départ, après un bref retour, date de 1985, avec le déplacement des villages chrétiens de l'est de Saïda.

 

Vente de terrains
Rana Azzi a grandi dans le Kesrouan. Et malgré la fin de la guerre du Liban en 1990, elle n'est pas rentrée dans son village. Elle commence à travailler très jeune, à l'âge de 21 ans. Le dernier poste qu'elle a occupé était à la direction administrative de l'hôpital Khalidi à Hamra. Quand l'établissement a fermé ses portes en 2011, la jeune femme commence à réfléchir à un changement dans sa carrière. Elle reste trois ans sans travailler. Puis l'idée de reprendre un immeuble inachevé appartenant à son beau-frère lui vient à l'esprit. « C'était un immeuble qu'il avait entamé avec le retour des déplacés au début des années quatre-vingt-dix. Je me suis dit que j'ai appris à gérer un hôpital, je pourrais prendre en charge un hôtel », sourit-elle.

Il lui faut quelques mois pour achever les travaux au printemps 2015. Elle baptise l'endroit Mayarak, rappelant les prénoms de ses trois neveux, Manday, Maya et Marc. Elle achève trois chambres et place l'hôtel sur divers sites internet. L'endroit connaît un franc succès. Au début de l'été 2017, elle lance l'idée du petit déjeuner et se met elle-même derrière les fourneaux. Elle est aidée par sa mère et son frère. Au mois de juillet, elle emploie encore une personne.

Malgré sa jeune entreprise et son succès, Rana Azzi n'est pas encore rentrée définitivement à Jiyeh. Elle passe toujours ses hivers à Adma. « Peut-être cette année, parce que le travail va bien, je resterai un peu plus », note-t-elle. « Nous avons été chassés à plusieurs reprises d'ici. Il nous est difficile de trouver la tranquillité d'esprit ou d'être enracinés à nouveau. La moitié des habitants de Jiyeh sont en Australie, l'autre moitié vit à Beyrouth. Dans le village d'autres personnes ont pris leur place. Nombreux sont ceux qui vendent leur terrain », ajoute-t-elle.

Même si quelques projets commencent à voir le jour, notamment en bord de mer, beaucoup reste à faire pour encourager les habitants à revenir ou à investir dans leur village.

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Tueni Myriam

Mais oui !!! Quand on écrit une si bonne nouvelle, on met une adresse ou une page Facebook ou un site à s'y référer .... BRAVO à Rana Azzi pour son entreprise et pour son courage :)

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

PRETE A... POUR NE PAS DIRE CONFISQUE PAR...

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

C,EST MON YACHT -JIMANNA- PRETE AUX FORCES LIBANAISES DE CE TEMPS QUI A SERVI AU TRANSPORT DE TOUS LES CHRETIENS BLESSES D,ABORD PUIS LES AUTRES DE DAMOUR ET ALENTOURS A JOUNIEH...

Zarka Nadim

Bonjour
Pouvez vous me donner les coordonnées de ce cet hôtel ?
merci

NAUFAL SORAYA

Bravo!!! Bonne continuation!

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