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Voiture de police incendiée à Paris : lourdes réquisitions contre les militants "antifascistes"

AFP
22/09/2017

Le parquet a requis vendredi de lourdes peines contre les neuf prévenus jugés pour l'attaque et l'incendie d'une voiture de police à Paris le 18 mai 2016, dont huit ans de prison ferme contre Joachim Landwehr, un Suisse ayant pris la fuite.

Les images du véhicule, incendié en marge d'une manifestation, avaient fait le tour d'internet. On y voit un groupe de personnes vêtues de noir, visage le plus souvent dissimulé, entourer un véhicule de police coincé dans la circulation, au coeur de Paris. Des projectiles volent, des vitres du véhicule sont brisées à coups de pied ou de plot métallique, une fusée de détresse est lancée dans l'habitacle et la voiture s'embrase.
Un colosse en uniforme sort et pare à mains nues des coups de barre de fer, avec un aplomb qui lui vaudra le surnom de "policier kung fu". Ce fonctionnaire, Kevin Philippy, et sa collègue Allison Barthélémy étaient parties civiles au procès, tout comme le syndicat de policiers Alliance.

La peine la plus lourde a été requise contre le Suisse Joachim Landwehr, auquel est attribué le jet de la fusée de détresse et qui ne s'est jamais présenté devant la justice française. Quatre ans de prison ferme ont aussi été requis contre Antonin Bernanos, étudiant en sociologie de 23 ans et arrière-petit-fils de l'écrivain Georges Bernanos. Le procureur a estimé qu'un "faisceau" d'indices le désignait comme l'assaillant qui frappe un policier assis dans sa voiture et fracasse la lunette arrière avec un plot métallique. Ces accusations sont contestées par le jeune homme, très engagé dans la lutte antifasciste et qui avait déjà été condamné en 2013 pour des "violences aggravées".

Le parquet a requis pour les huit autres personnes poursuivies des peines graduées, allant de quatre ans de prison ferme à un an d'emprisonnement avec sursis pour les trois jeunes accusés de "groupement formé en vue de commettre des violences". Le parquet a aussi demandé que Kara Brault, Américaine transgenre, soit interdite de territoire français pendant trois ans. Contre tous a été requise une interdiction de manifester pendant trois ans à Paris.

Rejetant la thèse d'un procès politique, le procureur avait parlé en introduction d'un "procès de casseurs". "Où se trouvent les fascistes et les extrémistes quand on combat la police, la justice, les journalistes?", avait-il lancé.

Les audiences depuis mardi ont été houleuses, scandées par les cris des sympathisants des prévenus groupés à l'extérieur de la salle: "Tout le monde déteste la justice" ou "Flics violeurs assassins". Des journalistes ont été pris à partie.

Me Henri Leclerc, ancien président de la Ligue des droits de l'homme et un des avocats de la défense a attaqué des "réquisitions incroyablement excessives".

Le jugement sera rendu vendredi prochain.

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