Ghaith Abi Ghanem et Jad Melki

Ce qu’en dit le maître - Paul Kaloustian

OLJ
22/09/2017

S'il fallait résumer Ghaith et Jad en deux mots, ce serait sans doute intuition et précision. Ces deux garçons que je suis depuis leurs premiers pas font partie d'une nouvelle garde d'architectes dont les intérêts principaux sont la recherche et l'expérimentation, et ils sont particulièrement courageux et entreprenants pour faire face à cet inconnu. Ils sont surtout de cette minorité qui a réussi à créer une œuvre où les formes et le propos sous-jacent se fondent en un geste simple. C'est rare, donc précieux. Le pavillon qu'ils ont été commissionnés de créer à l'occasion du 150e anniversaire de l'AUB, en l'occurrence, en est le parfait exemple. Ce pavillon n'est pas une forme sans fonction ou une sculpture inhabitable. Il est à la fois le contenant et le contenu même d'une histoire. N'ayant pas de face ou de revers, de début et de fin, ses courbes libres ainsi que leur fluidité révèlent à la fois une poésie ambiguë et une architecture d'infinie précision, emblématique de ce tandem. Certes, Ghaith et Jad s'intéressent vivement à la structure, se passionnent pour les matériaux et les détails, mais il n'en demeure pas moins que cela ne ternit jamais la fraîcheur et l'élan de leur idée initiale. En fait, ce qui découle de chacun de leurs projets reflète un naturel, une spontanéité, une sorte de non-effort, ce qui demeure sans doute la beauté ultime de leur travail.

Paul Kaloustian est architecte

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