Le groupe de prêt-à-porter Sandro, Maje, Claudie Pierlot (SMCP) vise son introduction en Bourse pour financer son développement et se désendetter, deux ans après une première tentative avortée. Fred Dufour/AFP
La maison mère des marques Sandro, Maje et Claudie Pierlot, en pleine expansion depuis 2010, prépare son entrée en Bourse pour mieux s'imposer à l'étranger et réduire sa dette. L'opération devrait être concrétisée « avant la fin de l'année 2017 », a déclaré lundi Daniel Lalonde, PDG du groupe SMCP, qui a enregistré son document de base auprès de l'Autorité des marchés financiers (AMF). Il s'agit de la première étape de son projet d'introduction en Bourse qui passera par une émission de titres à hauteur de 120 millions d'euros (soit 143 millions de dollars). Le mise en Bourse se fera par la cession d'une participation d'environ 30 % du capital détenue par le principal actionnaire du groupe, le conglomérat chinois géant du textile Shandong Ruyi, qui contrôle aujourd'hui 82 % du capital et entend descendre à 51 %. Le fonds d'investissement américain KKR présent à hauteur de 10 % n'a pas fait état de ses intentions. La levée de fonds va « financer le développement de la société et réduire son endettement », a résumé le patron de SMCP.
Un luxe abordable
SMCP cherche à « diffuser le chic parisien à travers le monde » via ses trois marques complémentaires qui « combinent les codes du luxe et de la fast fashion », c'est-à-dire de la mode à prix peu élevé qui a vocation à être rapidement renouvelée. Son ascension des dernières années s'illustre par des ventes annuelles en hausse de 24 % en moyenne entre 2014 et 2016, et une rentabilité (excédent brut d'exploitation) en hausse de 32,5 % par an. La cadence s'est poursuivie au premier semestre (hausse de 19,5 % de l'Ebitda pour des ventes progressant de 16,4 % à 439 millions d'euros, soit 524 millions de dollars), ce qui laisse augurer une croissance « de 14,5 % du chiffre d'affaires » sur 2017, selon le directeur financier Philippe Gautier. En termes de valorisation, le groupe se compare au fabricant de doudounes de luxe Moncler qui a réalisé une entrée triomphale en Bourse en 2013, ou encore l'espagnol Zara et le britannique Ted Bakker. Avec des ventes internationales qui représentent 57 % du chiffre d'affaires et 91 magasins ouverts sur ces douze derniers mois, SMCP veut poursuivre son expansion sur cinq marchés-clés, en priorité la Chine, où elle compte désormais 104 magasins alors qu'elle était absente du marché jusqu'en 2013. Avant de s'implanter « à moyen terme » au Japon, il faut d'abord « absorber la croissance en Grande Chine », qui pourrait accueillir « à terme au moins le même nombre de magasins qu'en France » (soit 479), a souligné M. Lalonde, issu du numéro un mondial du luxe LVMH. Ce chiffre n'a pas vocation à évoluer dans l'Hexagone où le groupe emploie plus de la moitié de ses 4 450 salariés. L'accent est surtout mis sur l'accélération des ventes en ligne, qui comptent désormais pour 12,3 % du chiffre d'affaires contre 9,6 % au premier semestre 2016. Le groupe a embauché un ancien responsable d'Amazon comme directeur digital en 2015. Le groupe compte plus de 1 200 points de vente dans le monde et 250 fournisseurs. Ses vêtements sont fabriqués pour moitié en Europe et en Asie. Evelyne Chetrite et Judith Milgrom ont fondé respectivement Sandro et Maje à Paris en 1984 et en 1998, et elles continuent à en assurer la direction artistique. Claudie Pierlot a été fondée en 1984 par Mme Claudie Pierlot et a été acquise par SMCP en 2009.
Source : AFP


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine