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Diaspora

« J’ai un petit regret qu’on ne m’ait jamais parlé du Liban »

Témoignage
Naji FARAH | OLJ
19/09/2017


Guy Karam réside à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe. Il a visité le Liban, son pays d'origine, pour la première fois en 1993, avec sa sœur Ketty. Dans une entrevue, il évoque, pour L'Orient-Le Jour le départ de ses grands-parents de leur village natal de Bazhoun au Liban-Nord, et son regret de n'avoir jamais eu d'échos sur la vie dans le pays du Cèdre.
« Je suis né à Saint-Claude en Guadeloupe, en 1942, là où la vague des émigrés a commencé à affluer à partir de 1927, raconte Guy Karam. La famille Romanos était arrivée dans l'île en grand nombre. Devenus marchands ambulants, ces émigrés vendaient leur marchandise à crédit, et ils ont été les premiers à instaurer ce système sur l'île. Les Karam, en revanche, étaient entourés de Guadeloupéens, vivant ensemble sans aucune distinction. Nous nous étions très vite, et peut-être un peu trop, intégrés. »
Et de poursuivre : « Il est cependant curieux qu'aucun de nos parents et compatriotes ne nous ait jamais vraiment décrit la vie qu'ils menaient au Liban, et cela m'a beaucoup frappé. Mon père est né à Pointe-à-Pitre, mais d'autres personnes de sa génération sont nées à Bazhoun et ont émigré alors qu'elles étaient déjà adultes. Mais ils n'ouvraient jamais le sujet de leur pays d'origine, comme s'ils étaient encore affectés par quelque chose. J'aurais bien aimé connaître leur vie d'avant, le lieu d'où ils venaient, s'ils étaient convaincus qu'ils avaient bien fait de partir... »
« Ce qu'on a appris de ma mère, c'est la cuisine libanaise, qui s'ajoutait à la cuisine guadeloupéenne, affirme Guy Karam. On sentait bien la différence avec nos amis quand on partageait les plats. Nous nous sentions quand même guadeloupéens. Et bien que guadeloupéen moi-même, j'avais un petit regret, celui de ne pas entendre parler de notre famille du Liban. »
Par ailleurs, parler de la Guadeloupe et des îles des Caraïbes est d'actualité, pour des raisons tragiques. Il y a vingt jours, Ketty Karam, rencontrée à Paris, ne se doutait pas qu'un cyclone allait ravager l'île Saint-Martin où elle réside avec son mari. Le cyclone Irma a toutefois épargné partiellement leur belle demeure. Leur ami libanais Joseph Moughames et sa famille ont été moins chanceux, mais heureusement et malgré la destruction complète de la toiture de leur maison, les dégâts n'auront été que matériels.

Cette page est réalisée en collaboration avec l'Association RJLiban.
E-mail : monde@rjliban.com – www.rjliban.com

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