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Liban

L’assassin de Roy Hamouche inculpé d’homicide volontaire

Justice
OLJ
13/09/2017

Le premier juge d'instruction de Beyrouth, Ghassan Oueidate, a inculpé hier Mohammad Ahmar, principal prévenu dans l'affaire du meurtre de Roy Hamouche, d'homicide volontaire, un crime passible de la peine de mort.
Jeune ingénieur de 24 ans, Roy Hamouche a été tué par balle en juin dernier, après un accident de la route au niveau de Jal el-Dib (Metn). La voiture à bord de laquelle il se trouvait et qui était conduite par son ami, Johnny Nassar, a heurté un véhicule occupé par Adnan Ghandour, Hani Mawla et Mohammad Ahmar (ancien prisonnier et récidiviste), qui ont aussitôt mis pied à terre et abreuvé d'insultes les deux jeunes gens. Pris de panique, ces derniers ont pris la fuite, mais, à l'issue d'une course-poursuite, ils ont été rattrapés au niveau de la Quarantaine, avant que Roy Hamouche reçoive une balle dans la tête tirée par Mohammad Ahmar.
Dans le jugement qu'il a rendu, le juge Oueidate a exposé les faits dans les détails. Il est 23h30, la nuit du 6 juin, lorsqu'une BMW conduite par Johnny Nassar entre en collision avec une autre BMW, aux vitres teintées, au volant de laquelle se trouve Adnan Ghandour. Marquée par des coups de feu, une course-poursuite s'ensuit jusqu'à une impasse dans le quartier de la Quarantaine. En vociférant, Ghandour tire de force Johnny Nassar hors de sa voiture, avant de lui donner des coups au visage et de lui déchirer sa chemise. Il est suivi par Mohammad Ahmar qui place aussitôt son revolver sur la tempe du jeune homme. Par chance, le coup ne part pas et Johnny Nassar en profite pour déguerpir. Mais Mohammad Ahmar retourne à la voiture pour charger son arme, avant de revenir tirer sur Roy Hamouche resté à l'intérieur de son véhicule. De l'aveu même du tireur, le jeune ingénieur n'avait fait aucun geste agressif. Le juge Oueidate indique qu'en réponse à la question de savoir pourquoi il a tué Roy Hamouche, le récidiviste a répondu qu'il n'avait aucune raison de le faire, mais que l'accident l'avait mis dans une forte colère. Il a par la suite ajouté qu'avant l'iftar (on était en plein mois de ramadan), il avait pris ce soir-là un verre de whisky, soulignant qu'il était également sous l'effet d'un fort analgésique avalé pour calmer des douleurs qu'il avait au rein.
Selon les informations collectées par le premier juge d'instruction, les services de renseignements de l'armée ont repéré la BMW aux vitres sombres à Hadeth, en route vers le quartier de Laylaki. Ils ont également identifié le numéro de téléphone de la compagne d'Ahmar, Amal Momdjian, avec laquelle ce dernier a communiqué pendant la funeste nuit. Le 8 juin, après une perquisition du domicile de la jeune femme à Bourj Hammoud, où l'agresseur avait trouvé refuge, celui-ci a été arrêté en possession d'un revolver et de deux grenades à main.
Le juge d'instruction a qualifié d'homicide volontaire l'acte de Mohammad Ahmar, un chef d'inculpation qui est passible de la peine de mort sur base des dispositions de l'article 459 du code pénal. Adnan Ghandour et Hani Mawla ont, eux, été accusés d'ingérence dans le crime et de l'avoir facilité, tandis qu'Amal Momdjian a été inculpée pour avoir tenté de soustraire le tueur à la justice.

Moratoire
La peine de mort dont est passible Mohammad Ahmar, inculpé donc d'homicide volontaire sur la personne de Roy Hamouche, est prévue par la loi libanaise, mais elle est dans la pratique soumise à un moratoire non déclaré, aucune exécution n'ayant eu lieu depuis 2004. Au lendemain de l'assassinat de Roy Hamouche, le ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, s'était prononcé en faveur de l'application de la peine capitale, ce qui avait conduit l'organisation Human Rights Watch à critiquer, dans un communiqué, une éventuelle « reprise des exécutions » dans le pays, estimant qu'« elle constituerait un troublant revers pour le Liban, sans que pour autant les crimes soient prévenus ».
En octobre 2008, l'ancien ministre de la Justice Ibrahim Najjar, farouche opposant à la peine de mort, avait présenté au Conseil des ministres un projet de loi en vue de l'abolir et de la remplacer par la prison à perpétuité, assortie de travaux forcés.

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L'Orient-Le Jour

Bonjour,
L'erreur a été corrigée.
Merci !

Yves Prevost

Pas d'exécution, mais prison à vie qui soit réellement "à vie" pour ce récidiviste.

Cherif Bedran

Bonjour,

Veuillez remplacer 'collusion' par 'collision' dans l'article plus haut.

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