Des Rohingyas près de la frontière bangladaise, hier. Danish Siddiqui/Reuters
Les rebelles rohingyas, dont des attaques contre la police fin août en Birmanie avaient déclenché la répression de l'armée, ont déclaré hier un cessez-le-feu unilatéral d'un mois, le gouvernement birman répondant toutefois qu'il ne négociait pas avec des « terroristes ». D'après les derniers chiffres des Nations unies, près de 300 000 personnes, la plupart des musulmans de la minorité rohingya, se sont réfugiées au Bangladesh pour fuir les troubles. Des milliers de personnes seraient toujours en fuite, cachées dans les forêts ou sur des collines du côté birman, sans vivres ni eau. « L'Armée du salut des Rohingyas de l'Arakan (ARSA) déclare l'arrêt temporaire de ses opérations militaires offensives », a annoncé le groupe rebelle dans un communiqué sur Twitter. L'ARSA, plus connu localement sous le nom Harakah al-Yaqin (« Mouvement de la foi » en arabe), ajoute vouloir ainsi favoriser l'arrivée de l'aide humanitaire. L'ARSA a appelé la Birmanie à faire également une « pause humanitaire ».
« Nous ne négocions pas avec les terroristes », a toutefois répondu dans un tweet, hier, Zaw Htay, conseiller du gouvernement birman qui a classé le groupe dans cette catégorie.
Depuis le début des violences, l'État Rakhine est bouclé et interdit d'accès pour la presse mais aussi pour les organisations internationales, qui craignent une crise humanitaire.
Hier, le ministre des Affaires étrangères du Bangladesh, A.H. Mahmood Ali, a dénoncé un « génocide » en cours dans cet État birman. « La communauté internationale dit que c'est un génocide. Nous disons aussi que c'est un génocide », a t-il déclaré aux journalistes à Dacca.
Dans un camp improvisé près de Shamlapur, au Bangladesh, les réfugiés rohingyas doutaient, eux, que ce cessez-le-feu puisse être pour eux synonyme de retour dans leur village. Les soldats birmans « nous disent "Partez ou bien nous allons tous vous brûler." Comment peut-on croire qu'un cessez-le-feu ait le moindre effet », explique Hafez Ahmed, 60 ans. Et pour beaucoup, il ne reste plus rien : « Je n'ai plus rien là-bas, plus de maison, plus de village. Tout a été détruit », renchérit Hashem Ullah, un fermier rohingya.
Samedi pour la première fois, la Birmanie a promis la mise en place de camps pour accueillir les musulmans rohingyas déplacés. Environ 27 000 bouddhistes et hindous ont également fui leurs villages et ont trouvé refuge dans les monastères et les écoles dans le sud de la région. Les troubles ont débuté le 25 août avec les attaques coordonnées de plusieurs dizaines de postes-frontières birmans par les rebelles rohingyas, équipés de simples machettes et couteaux. Le groupe, qui avait déjà revendiqué des attaques en octobre dernier, dit avoir pris les armes pour défendre les droits bafoués de la minorité musulmane rohingya. D'après l'armée birmane, près de 400 d'entre eux auraient été tués pendant les combats.
« Crise immense »
La Croix-Rouge au Bangladesh s'est félicitée de la promesse de cessez-le-feu, car les organisations humanitaires sont acculées face à une « crise immense ».
« Comment voulez-vous gérer un tel afflux de personnes ? Ils veulent un abri, ils veulent un endroit sûr », a déclaré Misada Said, du CICR au Bangladesh.
Pour fuir l'armée birmane, accusée par les réfugiés d'exactions (meurtres, incendie de villages), des centaines de milliers de personnes ont quitté leurs villages du nord de l'État Rakhine.
La plupart arrivent au Bangladesh à pied, après des jours de marche sous la pluie, ou en bateau. Les deux pays ont une frontière longue de 278 kilomètres, et un quart de celle-ci est constituée par le fleuve Naf. Après un long périple sans vivres, les nouveaux arrivés sont souvent malades, affamés et très affaiblis, racontent les ONG. Certains arrivent également avec des blessures par balles.
Et au bout du chemin, ils trouvent des camps déjà saturés. Au total, on estime qu'entre les violences d'octobre qui avaient poussé 87 000 personnes à fuir et les troubles actuels, près du tiers des Rohingyas de Birmanie sont désormais au Bangladesh. « Je crois que cela va être une des pires catastrophes que le monde et la Birmanie aient vu ces dernières années », s'est inquiétée vendredi la rapporteuse spéciale de l'ONU pour la Birmanie, Yanghee Lee.
Déplorant l'absence d'accès à cette région, où selon elle plus d'un millier de personnes, essentiellement des Rohingyas, pourraient avoir été tuées, elle a également exhorté Aung San Suu Kyi, qui dirige de facto le gouvernement birman, à « se mobiliser ».
Source : AFP


Si ce n'est pas une guerre chiite/sunnite ,étant donné que les rohingas sont sunnites et leurs génocidaires sont bouddhistes , pourrait on parler de guerres sunnites boudhistes , ou bien ce genre de qualification ne marche que si des chiites sont "impliqués " , surtout que les wahabites du golfe sont très étrangement silencieux . Pas les chiites pourtant !!!!!!!
15 h 48, le 11 septembre 2017