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Jeunes photographes, n'allez pas "en zone de guerre", avertit le directeur de Visa pour l'Image

"Ne partez pas sur des zones de guerre pour vous faire reconnaître". Directeur du festival international de photojournalisme Visa pour l'Image à Perpignan, dans le sud de la France, Jean-François Leroy avertit les jeunes photographes prenant des risques inconsidérés.

"Moi aujourd'hui, quand je vois des gamins et des gamines qui vont à Mossoul (Irak) sans garantie, sans commande d'un journal, sans assurance. Je leur dis: +mais vous êtes fous+. Ceux là, je ne les regarde même plus", déclare-t-il lors d'un entretien à l'AFP à Perpignan, où le festival se déroule jusqu'au 17 septembre.
"Un môme qui part à Mossoul, comme ça, les mains dans les poches... Vous imaginez?", s'emporte cette figure respectée de la profession, qui dirige cette manifestation, une des plus importantes du monde, depuis près de trois décennies.

Il prend l'exemple du photographe sud-africain Joao Silva qui "a sauté sur une mine en Afghanistan (en 2010). Il a été amputé des deux jambes. S'il n'avait pas eu derrière lui tout le service juridique et d'assistance du New York Times -il a subi près de 90 interventions- il n'aurait jamais survécu à cela".
Les quatre photographes nominés au Visa d'or News 2017, la plus haute distinction décernée, sont tous des reporters aguerris, en commande pour des médias: Patrick Chauvel (VSD), Emanuele Satolli (Time), Goran Tomasevic (Reuters) et Laurent Van der Stockt (Le Monde). Les deux derniers lauréats étaient des photographes de l'AFP.

Mais si de nombreux jeunes prennent tous les risques, c'est que la profession se précarise de plus en plus, explique-t-il, les commandes se font rares et sont moins bien payées qu'avant.
"Le photojournalisme va mal car la presse consacre de moins en moins de budget à la photo. Et là où ils envoyaient un photographe 15 jours, ils l'envoient trois jours".

Certes la qualité est toujours là. Mais "la plupart des photographes travaillent en +spéculation+, c'est-à-dire qu'ils produisent les sujets (avant de les proposer aux médias), dit-il. C'est pour cela qu'on a créé des prix (souvent dotés de 8.000 euros) qui sont une aide à la production".

"Ne partez pas sur des zones de guerre pour vous faire reconnaître". Directeur du festival international de photojournalisme Visa pour l'Image à Perpignan, dans le sud de la France, Jean-François Leroy avertit les jeunes photographes prenant des risques inconsidérés.
"Moi aujourd'hui, quand je vois des gamins et des gamines qui vont à Mossoul (Irak) sans garantie, sans commande d'un journal, sans assurance. Je leur dis: +mais vous êtes fous+. Ceux là, je ne les regarde même plus", déclare-t-il lors d'un entretien à l'AFP à Perpignan, où le festival se déroule jusqu'au 17 septembre."Un môme qui part à Mossoul, comme ça, les mains dans les poches... Vous imaginez?", s'emporte cette figure respectée de la profession, qui dirige cette manifestation, une des plus importantes du monde, depuis près de trois décennies.
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