Les évêques polonais ont lancé vendredi une mise en garde au gouvernement conservateur nationaliste contre le risque d'"annihiler" la confiance et la réconciliation polono-allemande, alors que celui-ci vient de relancer la question des réparations allemandes pour la Seconde guerre mondiale.
Dans une lettre publiée sur le site de l'épiscopat de Pologne, les évêques insistent sur "la grande valeur" de la réconciliation qui "définit les relations polono-allemandes depuis plus d'un quart de siècle", depuis la chute du communisme.
Selon eux, il faut régler les questions bilatérales non résolues par le biais d'une "diplomatie raisonnable" au lieu "d'annihiler la confiance difficilement acquise en éveillant des émotions sociales négatives".
Les prélats ont rappelé des moments forts de la réconciliation entre les deux pays, initiée par une lettre des évêques polonais de 1965 adressée à leurs homologues allemands, contenant la formule devenue célèbre "Nous vous pardonnons et demandons pardon".
"Tenant compte des acquis du processus de réconciliation, nous exprimons l'espoir que les personnes responsables pour notre pays et les relations internationales vont construire sur ce capital", ont souligné les évêques membres d'un comité épiscopal aux contacts avec l'épiscopat allemand.
"Il est facile de perdre (cette valeur) par des décisions irréfléchies et même par des mots prononcés hâtivement", se sont-ils inquiétés.
La question des réparations de guerre allemandes, considérée comme close depuis des années, avait été relancée le 28 juillet par Jaroslaw Kaczynski, le chef du parti conservateur nationaliste au pouvoir.
Jeudi, la Première ministre polonaise Beata Szydlo a insisté sur le fait que son pays avait le "droit" de demander ces réparations et indiqué que son gouvernement attendait une "décision politique" pour ouvrir des procédures adéquates.
Berlin a aussitôt rejeté le point de vue polonais.
Steffen Seibert, le porte-parole de la chancelière Angela Merkel, a souligné que Varsovie "a confirmé (renoncer aux réparations) à plusieurs reprises, en 1970 et 2004 notamment".
Les déclarations polonaises s'inscrivent dans le contexte de tensions entre la Pologne d'une part, l'Union européenne et l'Allemagne d'autre part, tensions accrues après les récentes déclarations d'Angela Merkel. Tout en se disant attachée aux bonnes relations avec Varsovie, elle avait dit qu'elle ne pouvait "se taire" sur l'Etat de droit en Pologne, objet de critiques de la Commission européenne.
Dans une lettre publiée sur le site de l'épiscopat de Pologne, les évêques insistent sur "la grande valeur" de la réconciliation qui "définit les relations polono-allemandes depuis plus d'un quart de siècle", depuis la chute du communisme.Selon eux, il faut régler les questions bilatérales non résolues par le biais d'une "diplomatie raisonnable" au lieu "d'annihiler la confiance difficilement acquise en éveillant des émotions sociales négatives".
Les prélats ont rappelé des moments forts de la réconciliation entre les deux pays,...

