Le président turc Recep Tayyip Erdogan a vivement critiqué vendredi l'inculpation par la justice américaine d'un ex-ministre turc accusé d'avoir violé l'embargo sur l'Iran, dénonçant une décision "politique" prise "contre la Turquie".
"Ces mesures sont entièrement politiques", a dit M. Erdogan lors d'une conférence de presse à Istanbul avant de prendre l'avion pour le Kazakhstan. "Je le dis très clairement : pour moi, cette mesure est une mesure prise contre l'Etat turc", a-t-il ajouté.
"Il faut que les Etats-Unis reviennent sur cette décision et, bien entendu, j'espère que nous aurons l'occasion d'en discuter lorsque je me rendrai" à New York pour l'Assemblée générale de l'ONU le 18 septembre, a poursuivi le chef de l'Etat turc.
Neuf personnes dont huit Turcs, parmi lesquels un ancien ministre de l'Économie, Mehmet Zafer Caglayan, ont été inculpées mercredi aux Etats-Unis pour avoir procédé à des centaines de millions de dollars de transactions pour le compte de l'Iran et d'organisations iraniennes.
Selon le ministère américain de la Justice, ces personnes ont violé l'embargo sur l'Iran en effectuant ces opérations qui auraient permis à Téhéran de contourner les sanctions.
Cette affaire survient sur fond de détérioration des relations entre la Turquie et les Etats-Unis depuis plusieurs mois.
Ankara et Washington s'opposent notamment sur les milices kurdes en Syrie. M. Erdogan réclame également, sans succès à ce jour, l'extradition du prédicateur Fethullah Gülen, auto-exilé aux Etats-Unis et désigné par le gouvernement turc comme le cerveau du putsch manqué de juillet 2016.
Plus récemment, l'inculpation par la justice américaine de gardes du corps de M. Erdogan accusés d'avoir passé à tabac des manifestants prokurdes à Washington a suscité l'ire d'Ankara.
"Vous êtes peut-être un grand pays, mais être un pays juste, c'est une autre affaire", a lancé vendredi M. Erdogan à l'adresse des Etats-Unis.


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