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GB/Brexit : "Smiley se sent étranger dans son propre pays", selon John Le Carré

L'espion George Smiley a passé sa vie à défendre les intérêts de son pays mais aujourd'hui, avec le vote pour le Brexit, il ne le reconnaît plus, a regretté jeudi l'auteur John Le Carré à propos de son héros fétiche qu'il a reconvoqué dans un nouveau roman.

"Smiley, qui a passé sa vie à défendre le drapeau (britannique) d'une manière ou une autre, se sent rejeté. Il se sent comme un étranger dans son propre pays. C'est pourquoi nous le retrouvons et le quittons à l'étranger", a-t-il expliqué sur la BBC.

La cause qu'il servait "lui a été retirée, le sens de la loyauté envers son pays - quel pays? quel Royaume-Uni? - a disparu. Il aime encore son pays, j'en suis sûr mais s'y sent étranger", a encore ajouté le maître du roman d'espionnage qui a révélé dans plusieurs interviews avoir écrit "A legacy of Spies", paru jeudi, dans "une sorte de frénésie" anti-Brexit et anti-Donald Trump, le président américain.

"C'est une période tellement difficile pour écrire, avec le Brexit que j'abhorre et Trump que j'abhorre aussi. Ce que nous voyons c'est une Europe prise entre deux feux, les règles démocratiques assaillies des deux côtés de l'Atlantique. C'est très dur à avaler pour Smiley", a-t-il ajouté, décrivant le héros de huit de ses romans comme profondément pro-européen. "Il dit que s'il a jamais eu un rêve, c'était de voir une Europe unie, que tout ce qu'il a fait c'était pour l'Europe".

Le Carré, 85 ans, revient aussi dans cet entretien avec la BBC sur son propre passé d'espion, avant qu'il ne se consacre pleinement à la littérature à partir du milieu des années 1960. "On m'avait confié un certains nombre d'agents et j'en recrutais d'autres. Contrairement à la perception qu'on a de la gestion d'agents, c'est un devoir pastoral", a-t-il dit, racontant les appels angoissés reçus de certains agents en pleine nuit, les menaces de suicide et la nécessité d'y répondre, "d'accompagner". "J'étais attentif à leurs besoins, réceptif à leurs problèmes, j'ai fait de mon mieux à la manière d'un curé de paroisse et dans le même temps je les utilisais opérationnellement. On avait pleinement conscience d'exploiter des gens et il fallait le leur expliquer tant bien que mal".

L'espion George Smiley a passé sa vie à défendre les intérêts de son pays mais aujourd'hui, avec le vote pour le Brexit, il ne le reconnaît plus, a regretté jeudi l'auteur John Le Carré à propos de son héros fétiche qu'il a reconvoqué dans un nouveau roman.
"Smiley, qui a passé sa vie à défendre le drapeau (britannique) d'une manière ou une autre, se sent rejeté. Il se sent comme un étranger dans son propre pays. C'est pourquoi nous le retrouvons et le quittons à l'étranger", a-t-il expliqué sur la BBC.
La cause qu'il servait "lui a été retirée, le sens de la loyauté envers son pays - quel pays? quel Royaume-Uni? - a disparu. Il aime encore son pays, j'en suis sûr mais s'y sent étranger", a encore ajouté le maître du roman d'espionnage qui a révélé dans plusieurs interviews avoir écrit "A legacy of...