Dans une tour de Séoul, des touristes sont debout devant une vitre sur laquelle est inscrite la distance séparant la capitale sud-coréenne de Pyongyang, capitale de la Corée du Nord. Ed Jones/AFP
Deux jours après un puissant essai nucléaire en Corée du Nord, le président russe Vladimir Poutine a fermement mis en garde, hier, contre toute « hystérie militaire » pour contrer le régime de Kim Jong-un, agitant la menace d'une « catastrophe planétaire » face aux États-Unis qui ont évoqué « une réponse militaire massive ». Au moment où Washington réclame les mesures « les plus fortes possibles » pour sanctionner Pyongyang, M. Poutine s'est également dit opposé à de nouvelles sanctions. « La Russie condamne ces exercices (de la Corée du Nord qui a revendiqué dimanche l'essai réussi d'une bombe H). Nous estimons que ce sont des provocations. Mais le recours à n'importe quelles sanctions dans ce cas est inutile et inefficace », a martelé M. Poutine.
Suite à ce 6e essai nucléaire de Pyongyang, le plus puissant à ce jour, les États-Unis, avec leurs alliés européens et japonais, ont annoncé négocier de nouvelles sanctions sévères à l'ONU contre la Corée du Nord, mais la position de Pékin et de Moscou, dotés d'un droit de veto, restait incertaine. Les Nord-Coréens « ne vont pas renoncer à leur programme (nucléaire) s'ils ne se sentent pas en sécurité. Il faut (donc) chercher à lancer un dialogue entre toutes les parties intéressées », a encore plaidé M. Poutine.
Un huitième train de sanctions, présenté par Washington, sera négocié dans les prochains jours avant une mise au vote du Conseil de sécurité le 11 septembre. Hier, toutefois, la Russie a exprimé des doutes sur un vote dès lundi prochain, le secrétaire général de l'ONU soulignant de son côté la nécessité de maintenir « l'unité cruciale » du Conseil de sécurité. Passer au vote dès lundi, comme le veulent les États-Unis, serait « un peu prématuré. Je ne pense pas que nous soyons capables d'aller aussi vite », a ainsi déclaré l'ambassadeur russe auprès des Nations unies, Vassily Nebenzia. Pour sa part, le secrétaire général Antonio Guterres a reconnu que l'ONU avait des moyens « limités » pour résoudre la crise, mettant en avant l'importance pour les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (États-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne et France) « d'arriver à se mettre d'accord, ensemble, sur une seule stratégie pour négocier avec le gouvernement nord-coréen ».
Hier aussi, le président Donald Trump a tweeté qu'il autorisait le Japon et la Corée du Sud à acheter des armes américaines « ultrasophistiquées », sans toutefois préciser quels types d'armes seraient concernés. Aussitôt, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a appelé Washington à la « retenue ». Il a indiqué que la Russie était prête à examiner la résolution soumise au Conseil de sécurité, à condition que la réponse de la communauté internationale « intègre l'idée d'un refus d'une solution militaire au problème ».
À l'ONU, l'ambassadeur nord-coréen Han Tae-song a affirmé que les récents tirs de missiles balistiques et l'essai nucléaire de la Corée du Nord constituent un « paquet cadeau » à l'intention des États-Unis, que Pyongyang continuera d'envoyer si Washington ne cesse pas ses « provocations ». Pour M. Han, « les pressions ou les sanctions ne marcheront jamais ». Enfin, l'ambassadrice américaine Nikki Haley a prévenu que l'Iran risque de devenir la prochaine Corée du Nord, si l'accord sur le programme nucléaire de Téhéran n'est pas « corrigé ».
Source : AFP

