Dans un premier article paru, dans L'Orient-Le Jour il y a un mois, nous avions évoqué le rôle du médiateur dans la résolution des conflits qui, malheureusement, peuvent arriver entre deux ou plusieurs personnes, à tout moment et dans n'importe quel domaine. Dans un second propos, aussi écrit par nous-même, nous avions affirmé, et ce n'est point une innovation, que le Liban était passé par un état de détresse et, pour ainsi dire, une perdition.
Si la médiation est le moyen par lequel une tierce personne, neutre, indépendante et impartiale, essaie de trouver, avec les protagonistes et grâce à eux-mêmes, une solution au conflit qui les oppose, la tâche n'est pas du tout à envier pour un médiateur libanais en quête de solution à des problèmes d'une nature toute particulière cette fois, touchant les administrés dans leur rapport avec l'administration. Et c'est là que survient la notion de médiateur de la République.
Ce n'est pas tout. En effet, le problème n'est pas seulement à ce stade. Dans tous les pays du monde, même ceux les plus développés, certains petits problèmes, entre les citoyens et l'État ne manquent jamais de surgir – sinon quelque chose ne va pas quand même, puisque la perfection n'est pas de ce monde.
Au Liban, cependant, la situation s'avère différente. Le médiateur a à faire à des querelles quotidiennes qui interviennent entre les ministres eux-mêmes. En réalité, la vie quotidienne libanaise présente un impondérable important, comme si nos ministères étaient voués à l'implosion.
L'impressionnabilité de nos ministres et de nos députés touche tous les domaines de la vie de tous les jours, une vulnérabilité sans pareille qui ne fait que grandir, face au pouvoir et aux bénéfices matériels. Malheureusement, nos politiciens font, à tout moment, preuve d'une impiété audacieuse, tandis qu'ils ne se rendent jamais compte que ce qu'ils font n'est que de l'impétuosité éphémère.
Ils ont beaucoup lu et entendu sur eux, de la part de la pauvre population en révolte dont ils ne font que manger les droits. En vain. Nos politiciens affichent une grande insolence et sont imperturbables face à ces voix courageuses qui s'élèvent et s'élèveront sans cesse, et dont on ne peut que saluer la vivacité, afin que revienne le Liban que nous voulons, un Liban ouvert à la culture, à la vie et à l'avenir, un avenir meilleur.
Melhem Maroun KARAM
Avocat

