Trois experts indépendants, mandatés par l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE), ont commencé cette semaine à Strasbourg à entendre des témoins, pour enquêter sur des allégations selon lesquelles certains de ces élus européens auraient accepté de somptueux cadeaux des autorités azerbaïdjanaises.
Selon le site internet de l'APCE, ces trois experts - l'ex-juge antiterroriste français Jean-Louis Bruguière, le Britannique Nicolas Bratza, ancien président de la Cour européenne des droits de l'homme, et la juriste suédoise Elisabet Fura - devaient mener leurs auditions de lundi à jeudi, dans la "confidentialité la plus absolue".
Ces auditions surviennent alors que plusieurs journaux européens - dont Le Monde, The Guardian et la Süddeutsche Zeitung - viennent de publier le premier volet d'une enquête consacrée à la "diplomatie du caviar" menée par l'Azerbaïdjan: selon ces journaux, Bakou a dépensé 2,5 milliards d'euros entre 2012 et 2014 notamment pour s'attacher des soutiens à l'étranger, notamment au Conseil de l'Europe.
Contacté mardi par l'AFP, M. Bruguière s'est refusé à tout commentaire sur les travaux du "Groupe d'enquête externe indépendant", dont il est membre. "Nous sommes soumis à une règle de confidentialité absolue, il en va de la crédibilité de notre travail", a-t-il précisé.
Selon Le Monde, le résultat des travaux des trois experts est attendu pour fin 2017, un point que M. Bruguière n'a pas confirmé.
L'APCE est une instance de concertation entre 324 parlementaires issus des 47 Etats membres du Conseil de l'Europe, qui se réunit quatre fois par an à Strasbourg pour débattre de l'Etat de droit, de la défense des droits de l'homme et de la lutte contre la corruption.
Le scandale qui l'éclabousse, surnommé "caviargate" par certains médias, remonte à janvier 2013: des membres ou ex-membres de l'Assemblée sont soupçonnés d'avoir été "achetés" par le gouvernement azerbaïdjanais, en échange de leur vote négatif contre un rapport dénonçant la situation des prisonniers politiques en Azerbaïdjan. Ce rapport, très critique à l'égard de Bakou, avait été largement rejeté par les élus européens.
Certains parlementaires auraient reçu en échange des avantages qui, selon une source proche de l'institution paneuropéenne, auraient notamment consisté en caviar, tapis ou nuits dans des hôtels de luxe à Bakou.
La mission d'enquête pourra également être amenée à s'intéresser au rôle de l'actuel président de l'APCE, l'Espagnol Pedro Agramunt - sur la sellette, il devrait être démis de ses fonctions lors de la prochaine session plénière de l'APCE, début octobre.
Selon l'ONG allemande ESI, M. Agramunt a constamment pris la défense du régime de Bakou lorsqu'il a pris part à des missions d'observation des élections en Azerbaïdjan en tant que parlementaire du Conseil de l'Europe.
Selon le site internet de l'APCE, ces trois experts - l'ex-juge antiterroriste français Jean-Louis Bruguière, le Britannique Nicolas Bratza, ancien président de la Cour européenne des droits de l'homme, et la juriste suédoise Elisabet Fura - devaient mener leurs auditions de lundi à jeudi, dans la "confidentialité la plus absolue".
Ces auditions surviennent alors que plusieurs journaux européens - dont Le Monde, The Guardian et la Süddeutsche Zeitung - viennent de publier le premier volet d'une enquête...


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