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Liban

Les employées domestiques ne sont pas libres de changer d’emploi

Le système du garant (sponsor, ou kafil) qui s'applique au Liban à tout travailleur migrant, homme ou femme, cadre supérieur ou manœuvre, est certes contraignant pour tous les travailleurs étrangers. Mais il peut se révéler un calvaire pour la main-d'œuvre domestique migrante, principalement féminine, car il favorise l'exploitation, voire la normalisation de l'esclavage moderne. Sachant que les bons employeurs existent, certes.
L'exploitation commence dès le pays d'origine, où la travailleuse contracte une dette pour venir au Liban, et se poursuit au pays du Cèdre. Obligée de vivre sous le même toit que son garant, elle ne peut casser son contrat ou changer d'emploi, que si ce dernier la libère. Et lorsque la relation est brisée entre une employée de maison et son garant, les autorités ont recours à la déportation, ou à la privation de liberté, même lorsque la travailleuse est victime d'abus. Parallèlement, le système mis en place impose à l'employeur de se charger des frais d'embauche, de visa et de voyage. Il verse donc une importante somme financière au bureau de recrutement (entre 1 500 et 6 000 dollars en fonction de la nationalité de la travailleuse migrante). Estimant que cette somme doit être amortie, il retient généralement le passeport de son employée de maison et la prive souvent de liberté, en guise de garantie.
Dans cet état des lieux sommaire, les drames sont fréquents, les suicides de travailleuses domestiques notamment, près d'un cas par semaine, sans compter qu'une bonne partie de ces femmes victimes d'abus, de salaires impayés, de travail forcé, fuient le domicile de leur employeur. Poussées à l'irrégularité, elles deviennent encore plus vulnérables et risquent la prison. Selon les estimations de l'Organisation internationale du travail, le Liban compte 250 000 employées de maison migrantes, parmi lesquelles environ 70 000 en situation irrégulière.

Le système du garant (sponsor, ou kafil) qui s'applique au Liban à tout travailleur migrant, homme ou femme, cadre supérieur ou manœuvre, est certes contraignant pour tous les travailleurs étrangers. Mais il peut se révéler un calvaire pour la main-d'œuvre domestique migrante, principalement féminine, car il favorise l'exploitation, voire la normalisation de l'esclavage moderne. Sachant que les bons employeurs existent, certes.L'exploitation commence dès le pays d'origine, où la travailleuse contracte une dette pour venir au Liban, et se poursuit au pays du Cèdre. Obligée de vivre sous le même toit que son garant, elle ne peut casser son contrat ou changer d'emploi, que si ce dernier la libère. Et lorsque la relation est brisée entre une employée de maison et son garant, les autorités ont recours à la déportation, ou...
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