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Liban

Un fragile cessez-le-feu à Aïn el-Héloué

Palestiniens

Le membre le plus recherché de Daech, le Palestinien Mahmoud Hayek, est entre les mains des services de renseignements.

S. B. | OLJ
25/08/2017

Au lendemain des violents combats entre le Fateh et certains groupes islamistes dans le camp palestinien de Aïn el-Héloué (Saïda), le cessez-le-feu proclamé a été globalement respecté hier. La nuit de mercredi à jeudi, ainsi que la journée, ont été calmes. Les informations sur un contrôle effectif par le Fateh du quartier de Tireh, où étaient auparavant postés les islamistes de Bilal Badr et de Bilal Arkoub, sont assez floues, étant donné que le déploiement dans ce quartier a été freiné par des obstacles placés par les islamistes.
L'autre information importante de la journée est que le Palestinien Mahmoud Ahmad el-Hayek s'est rendu aux services de renseignements de la Sûreté générale du Liban-Sud. Il s'agit d'un des jihadistes les plus recherchés par les forces de l'ordre libanaises et il a été aussitôt transféré à Beyrouth.
Par ailleurs, un communiqué au nom de Bilal Badr a circulé hier sur les réseaux sociaux, sans avoir vraiment été authentifié. Dans ce texte, le chef islamiste déclare s'être retiré du quartier de Tireh, « non par peur, mais pour épargner la population ».
Néanmoins, selon une source bien informée, « le cessez-le feu dans le camp reste très fragile, pour plusieurs raisons ». La première est qu'il n'a pas été conclu en vertu d'un accord, mais juste par des déclarations de bonnes intentions de part et d'autre, ainsi qu'en raison de multiples pressions venant de personnalités palestiniennes et libanaises et des services de renseignements de l'armée. Une autre raison est que le déploiement dans le quartier de Tireh n'a pas été réalisé par le Comité conjoint chargé de la sécurité du camp, qui englobe le Fateh, le Hamas et d'autres forces armées, mais par le Fateh seul, ce qui a ébranlé la confiance entre les composantes de ce comité. En effet, le Fateh refuse de remettre ce territoire aux forces conjointes, le considérant comme un acquis. Le Hamas, lui, n'a pas intérêt à voir des quartiers, dominés à l'origine par des islamistes, tomber entre les mains du Fateh seul. Le Hamas, d'ailleurs, aurait préféré que la question des groupes islamistes soit réglée sans combats.
Toutefois, toujours selon cette source, des efforts sont déployés par des acteurs libanais et palestiniens en vue de consolider le calme dans le camp. D'un côté, Azzam Ahmad, émissaire du Fateh, était hier à Beyrouth pour discuter de la situation du camp avec les responsables. Alors que de son côté, le Hamas envoyait une délégation pour des contacts avec les responsables à Saïda.
Un cessez-le-feu fragile, donc, d'autant plus que, ajoute cette source, l'opération-éclair du Fateh pour venir à bout des groupes de Bilal Badr et Bilal Arqoub n'a pas vraiment abouti, puisque ceux-ci continuent de circuler librement, y compris aux confins du quartier de Tireh. Les habitants des quartiers qui ont servi de théâtres de combats, eux, ne peuvent rentrer chez eux tant que la situation est encore précaire. Ce round de combats a provoqué de nouvelles destructions qui viennent s'ajouter à celles qui avaient eu lieu en avril dernier. Et rien n'indique que des compensations financières seront versées aux habitants lésés, puisque les précédentes destructions n'avaient pas été couvertes non plus... Et que le moindre incident peut de nouveau enflammer ce camp surpeuplé.

S. B.

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gaby sioufi

attendre Godot !
la seule chose a faire( pas a esperer bien sur )

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