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Entre catastrophes naturelles et rébellions armées, le sud des Philippines en "catastrophe humanitaire"

La région de Mindanao, dans le sud des Philippines, est dans une situation de "catastrophe humanitaire", avec des centaines de milliers de déplacés, due aux typhons, à la sécheresse et diverses rébellions armées, notamment le soulèvement islamiste de Marawi, ont alerté plusieurs ONG mercredi à Paris.

"Les besoins primaires ne sont pas couverts. Même le minimum des besoins basiques ne l'est pas", regrette Thibault Henry, le directeur de l'ONG française Acted aux Philippines, qui chiffre à "un million" le nombre de déplacés internes.

La situation s'est "complètement dégradée depuis trois mois" et l'occupation par un groupe islamiste dans la ville de Marawi, remarque-t-il dans un entretien avec l'AFP. Début juillet, le secrétariat philippin aux Affaires sociales chiffrait à 400.000 le nombre de personnes ayant fui cette commune.

Mais avant cela, les typhon Pablo et Haiyan en 2012 et 2013, ainsi qu'un épisode de sécheresse en 2016, avaient poussé des centaines de milliers de personnes à quitter leurs foyers, tout comme d'autres mouvements rebelles dans d'autres parties de Mindanao, ajoute M. Henry.

"C'est clairement une grosse crise humanitaire, une catastrophe, qui va affecter pour un certain nombre d'années la région", en temps normal déjà la moins avancée des Philippines, avec "51% de la population vivant sous le seuil de pauvreté", poursuit-il.

Seuls 6% des déplacés se trouvent dans des camps, "le reste dans les communautés hôtes, dont la population a triplé", ce qui engendre "une pression énorme sur la zone", observe Vanessa Cardamone, coordinatrice à Handicap international.

Entre le conflit en cours à Marawi et une forte exposition aux catastrophes naturelles, Mindanao se trouve "dans une crise complexe", avec comme "principale préoccupation", pour Handicap international, la contamination aux restes d'explosifs dans la zone de Marawi, note-t-elle.

Ceci intervient dans un contexte de "sous-financement international", avec des budgets débloqués par les bailleurs internationaux qui "ne sont rien en comparaison des besoins", s'alarme Javad Amoozegar, le directeur de l'organisation Action contre la faim (ACF) aux Philippines.

"Les Philippines sont en bas de la liste des bailleurs, parmi d'autres pays oubliés des actualités", déplore-t-il. "La plupart des donneurs regardent le nombre de victimes avant de se mobiliser. Là, les gens ne sont pas encore morts, mais nous devons les aider à ne pas mourir !"

Acted a obtenu 150.000 euros pour cette crise, quand l'ONG aurait récolté "10 millions de dollars (8,4 millions d'euros)" pour une situation équivalente dans un pays davantage médiatisé, se désole Thibault Henry.

La région de Mindanao, dans le sud des Philippines, est dans une situation de "catastrophe humanitaire", avec des centaines de milliers de déplacés, due aux typhons, à la sécheresse et diverses rébellions armées, notamment le soulèvement islamiste de Marawi, ont alerté plusieurs ONG mercredi à Paris.
"Les besoins primaires ne sont pas couverts. Même le minimum des besoins basiques ne l'est pas", regrette Thibault Henry, le directeur de l'ONG française Acted aux Philippines, qui chiffre à "un million" le nombre de déplacés internes.
La situation s'est "complètement dégradée depuis trois mois" et l'occupation par un groupe islamiste dans la ville de Marawi, remarque-t-il dans un entretien avec l'AFP. Début juillet, le secrétariat philippin aux Affaires sociales chiffrait à 400.000 le nombre de personnes ayant fui...