Le 12 mai 2008 un tremblement de terre de magnitude 8 ravageait la région de Sichuan dans le sud-ouest de la Chine, faisant 87 000 victimes et plus de 5 millions de sans-abri. Nombre de scientifiques affirmeront que cette catastrophe serait imputable à la construction d'un barrage sur une ligne de faille sismique. Ce barrage, d'une hauteur de 156 mètres pour une capacité d'un milliard de mètres cubes, laissera après la catastrophe les scientifiques étonnés de voir l'eau se vider dans une région sismique où il n'y avait plus pourtant d'activités du genre depuis plusieurs millions d'années.
Retour au Liban, où il ne faut pas trop reculer dans l'histoire, et ici tout le monde se souvient du séisme dévastateur de 1956 dont l'épicentre était Bisri, ce beau village agricole où les vestiges du monastère de Sainte-Sophie du XIIIe siècle et l'église de Mar Moussa, église miraculeuse, seront bientôt détruits et ensevelis avec une forêt de pinèdes, unique au Liban, sans oublier des terrains agricoles aussi importants que ceux de la Békaa.
Et avec cette perte matérielle, et surtout morale, pour tout agriculteur libanais qui va voir sa vie détruite avec quinze beaux villages qui vont disparaître de la carte, et en attendant neuf années de travaux pour achever un barrage d'une capacité de 125 millions de mètres cubes dans un réservoir couvrant 450 hectares, qui pourra garantir aux Libanais qu'il n'y aura pas un séisme à l'instar de celui de la Chine. Serions-nous de loin plus intelligents que les Chinois ?
De grâce, messieurs, rien ne doit être construit dans cette zone. C'est dangereux. Ce projet ne doit pas voir le jour. Sauvons tous le Liban et la capitale où les immeubles antisismiques sont toujours rares.

