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Liban

Vers la création de 21 lignes de bus dans le Grand Beyrouth ?

Transport

Le député Mohammad Kabbani détaille pour « L'OLJ » les plans à court et long terme pour un transport public plus efficace dans la zone la plus peuplée du pays.

15/08/2017

Le transport public dans le Grand Beyrouth a été au menu des discussions de la commission parlementaire des Transports, des Travaux et de l'Énergie, hier au Parlement. Des recommandations ont été annoncées par le député Mohammad Kabbani, président de cette commission, notamment celle d'assurer au plus vite les fonds nécessaires en vue d'« exécuter le plan de transport public dans le Grand Beyrouth, qui comporte un réseau de transport complet rattaché à des centres dans les différents mohafazats ». Le coût de ce plan, élaboré par le ministère et adopté précédemment par la commission dans le cadre de sa feuille de route, atteint les 70 millions de dollars, selon lui.

Interrogé par L'Orient-Le Jour sur les détails du plan, M. Kabbani précise qu'il existe deux étapes en fait, l'une à court terme et l'autre à long terme. « Le plan à long terme consiste à adopter ce qu'on appelle les Bus Rapid Transit (BRT), un système de bus en tous points similaire au métro ou au train, mais roulant sur le bitume », dit-il. Dans le monde, le BRT est un système visant à améliorer les capacités et la fiabilité des bus : il s'agit de créer des lignes qui sont seulement empruntées par les bus, avec priorité pour ces véhicules lorsque ceux-ci atteignent des intersections avec le trafic normal sur les routes. Ces grands bus sont formés de plusieurs compartiments relayés entre eux et s'arrêtent à des stations bien précises. « Les usagers devront acheter leurs billets dans les stations au préalable, précise M. Kabbani. Le BRT devrait relayer la station Charles Hélou jusqu'à Tabarja, le reste étant desservi par des bus plus conventionnels. »

Ça, c'est le plan à long terme, « qui pourrait prendre quelques années, malheureusement, au rythme où vont les choses au Liban », souligne le député. Un plan à plus court terme est donc prévu, celui préparé par le ministère des Transports et des partenaires, comme l'Office des chemins de fer. « Il s'agira de mettre en service 250 bus pour le Grand Beyrouth, explique-t-il. Ceux-ci s'arrêteront aussi à des stations déterminées, sans se transformer en un taxi-service qui racole les clients (comme c'est souvent le cas aujourd'hui). Notre recommandation, c'est que 21 lignes soient créées, dont trois sur des biens-fonds des chemins de fer. »

Ce plan à court terme nécessite un budget de 70 millions de dollars. « La Banque mondiale (BM) serait prête à envisager de financer les deux plans de transport, souligne M. Kabbani. Le plan à court terme peut être mis en place en un an, si le processus est lancé. Nous allons faire du lobbying pour que le sujet soit soulevé en Conseil des ministres, afin que le dossier soit transféré, après adoption, au Conseil du développement et de la reconstruction (CDR). »

La réunion d'hier à la commission s'est déroulée en présence du directeur général des Transports, Abdel Hafiz Kaïssi, du directeur général de l'Office des chemins de fer et du transport en commun, Ziad Nasr, d'un représentant du CDR, Élie Hélou, d'un représentant de la Banque mondiale, Ziad Nakat, et d'une représentante du conseil municipal de Beyrouth, Mathilda Khoury.

Est-il rentable de mettre en place le plan des 250 bus si le système BRT devrait être installé à plus ou moins longue échéance ? « Nous avons besoin des deux pour desservir le Grand Beyrouth de manière efficace, répond M. Kabbani. Ainsi, les bus continueront à circuler dans les quartiers et les BRT dans les axes principaux. »

Le trafic devenant de plus en plus ingérable dans la capitale et ses environs, vu la dépendance presque exclusive aux voitures individuelles, la mise en place d'un transport public digne de ce nom n'a que trop tardé... et risque de tarder encore si la priorité ne lui est pas accordée.

 

Pour mémoire

La ligne de bus Beyrouth-Tabarja approuvée par la commission des Travaux publics

Les bus de l’État de retour à Beyrouth en 2016 ?

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gaby sioufi

pas clair:70 millions pour le plan entier ou seulement pour celui a court terme ??? BIG DIFFERENCE RIGHT ?
"celui a long terme" on y reviendra pt't dans 10 ans ou a la trinite !
celui a court terme , on se pose qqs questions:
1-qu'en est il des qqs Co qui gerent les mini bus deja en service a Bey, vers les montagnes partout au Liban , et qui pullulent ?
2-serait ce des mini bus ?
3-prevoit on des stations fixes ?
4-les policiers auront ils plein pouvoir en vue d'interdire le stationnement a ces emplacements?
5-ou acheterons ns les billets- emis par voyage, a la journee,mensuels, hebdomadaires, annuels?
devrons nous faire confiance aux super cerveaux , createurs de ce projet?

yves kerlidou

Enfin quelque chose qui va dans le bon sens! il est temps de parler sérieusement de transport en commun et de le privilégier sur la voiture

antaki loutfi

D'avec l'espoir que ces bus ne soient pas alimentés au fuel , mais que nous ayons des transports en commun dignes de ce nom et entièrement écologiques !

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