Pierre-Ambroise Bosse (en tête) a raflé la mise sur 800 m, mardi soir. Le Nantais a réussi un coup de poker – jeu dont il est fervent amateur – en attaquant à 200 m de l’arrivée et en résistant jusqu’au bout à ses adversaires. Kirill Kudryavtsev/AFP
Le roi du tour de piste Wayde van Niekerk est à l'aube d'un véritable exploit, aujourd'hui à Londres, aux Mondiaux 2017 d'athlétisme : rejoindre dans les annales Michael Johnson, seul athlète auteur du doublé 200/400 m.
Le Sud-Africain de 25 ans avait déjà dépossédé l'Américain de son record du monde du 400 m l'an dernier, aux JO de Rio (43'' 03). Cette fois, il s'agit d'imiter le tour de force réalisé par la « Loco de Waco » aux Mondiaux 1995 et aux JO 1996. En cas de succès, « WVN » confirmerait son statut de nouvelle tête d'affiche du premier sport olympique, qui sera orphelin de la légende Usain Bolt au terme des championnats du monde. Van Niekerk a déjà effectué la moitié du chemin après son sacre aisé sur le 400 m, mardi. Vainqueur tranquille en 43'' 98, le Sud-Africain s'est baladé et a contrôlé ses adversaires. Mais le plus compliqué reste à accomplir. Ce touche-à-tout, premier homme à descendre à la fois sous les 44'' au 400 m, sous les 20'' au 200 m et sous les 10'' au 100 m, est toutefois habitué à explorer des frontières jusque-là inconnues. Quitte à devoir se lancer dans un programme marathon à Londres, avec six courses en six jours, le prix à payer pour marcher sur les traces de Johnson.
Mais le 200 m ne sera pas une formalité pour le Sud-Africain, qui risque finalement de retrouver Isaac Makwala sur sa route. Initialement empêché de prendre part aux séries du 200 m, lundi, et à la finale du 400 m, mardi, en raison d'une maladie infectieuse qui sévit dans un des hôtels de la compétition, et placé en quarantaine, le Botswanais a été repêché par la Fédération internationale (IAAF) après un examen médical. Le meilleur performeur mondial de 2017 (19'' 77) sur le demi-tour de piste, dont la période de quarantaine a pris fin hier, a couru seul au couloir 7 et s'est qualifié en 20'' 20 pour les demi-finales. Avec Makwala, c'est un adversaire de poids qui effectue son retour et peut contrecarrer les hautes ambitions de van Niekerk.
Autre temps fort ce soir : la finale du triple saut, avec Christian Taylor en grand favori pour un 3e titre. Le champion olympique américain est – avec un record personnel à 18,21 m – la 2e meilleure performance de tous les temps, celui qui s'est donc le plus rapproché de la marque mythique du Britannique Jonathan Edwards (18,29 m le 7 août 1995). Avec un saut à 18,11 m cette année, il est resté sur les mêmes bases. « Ce serait très savoureux de battre le record sur les terres d'Edwards », a affirmé Taylor, qui envisage de se reconvertir au 400 m une fois le Britannique effacé des tablettes.
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Mardi soir, l'athlète français Pierre-Ambroise Bosse, joueur de poker et cheval fou d'une discipline qui n'en manque pas, avait raflé la mise sur 800 m en l'absence du roi David Rudisha. Au pied du podium aux JO de Rio, Bosse était arrivé aux Mondiaux de Londres sur la pointe des pieds, souffrant à un ischio-jambier et n'ayant que trois courses à son actif. Après avoir passé les séries et, difficilement, les demi-finales, repêché au temps, Bosse a réussi son coup de poker en attaquant à 200 m de l'arrivée et en résistant jusqu'au bout à ses adversaires.
Enfin, le perchiste américain Sam Kendricks (5,95 m) a tenu son rôle de favori mardi soir. Renaud Lavillenie, lui, s'est classé 3e (5,89 m).
Source : AFP


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