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Migrants : un prêtre cité pour le Nobel de la paix mis en cause en Italie

AFP
09/08/2017

Mussie Zerai, un prêtre érythréen don le nom a été un temps évoqué pour le prix Nobel de la paix, pour son engagement en faveur des migrants, a annoncé mercredi qu'il était cité dans une enquête pour aide à l'immigration clandestine.

"J'ai reçu lundi un courrier du parquet de Trapani m'informant de l'enquête", a-t-il déclaré à l'AFP à Rome, en répétant avoir toujours agi uniquement pour sauver des vies, et dans la plus grande transparence.

Arrivé en Italie adolescent après avoir fui l'Erythrée, entré au séminaire à 45 ans, il est devenu depuis près de 15 ans un point de référence pour les migrants érythréens et plus généralement de la Corne de l'Afrique, qui n'ont longtemps eu que son numéro de téléphone pour appeler à l'aide.

"Don Mosé" a ainsi reçu jusqu'à des dizaines d'appels par jour, le plus souvent de migrants en perdition en mer. Il a alors systématiquement transmis les coordonnées des embarcations aux gardes-côtes italiens et maltais, mais aussi parfois ensuite à des ONG dont ils savaient que les navires étaient dans les environs.
C'est probablement ainsi que son nom s'est retrouvé dans l'enquête pour aide à l'immigration clandestine ouverte à l'automne 2016 par le parquet de Trapani, en Sicile.

Dans le cadre de cette enquête, la justice a saisi la semaine dernière le bateau de l'ONG allemande Jugend Rettet, sur des soupçons de liens directs avec des trafiquants au large de la Libye.
Selon les médias italiens, l'enquête porte aussi sur des opérations de secours menées par les ONG Médecins sans frontières et Save the children.

"C'est totalement paradoxal de s'attaquer aux humanitaires pour lutter contre l'immigration clandestine. C'est comme s'en prendre aux médecins pour protester contre une maladie", a estimé Mussie Zerai.
"Il faudrait plutôt s'attaquer à la cause de la maladie, à ce qui rend ces gens désespérés au point de risquer leur vie en mer", a-t-il ajouté en évoquant en particulier les centaines de milliers de jeunes dépérissant dans les camps de réfugiés en Ethiopie ou en Ouganda.
"Il y a une famine en cours dans la Corne de l'Afrique, la dictature, la guerre... Il y aura toujours des réfugiés. On ne peut pas se contenter de leur dire +Ne venez pas, gardez vos souffrances loin de nous+. Les Africains aussi ont le droit de vivre et d'avoir un avenir", a-t-il lancé.

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