Rechercher
Rechercher

Réconciliation de la Montagne

Réconciliation de la Montagne : Amine Gemayel dénonce « une tentative de monopolisation »

Amine Gemayel et Walid Joumblatt signant le pacte d’honneur de Moukhtara en août 2000. Photo d’archives

L'ancien président de la République Amine Gemayel a critiqué hier la manière dont a été célébré le 16e anniversaire de la réconciliation de la Montagne au Palais du Mir Amin, une cérémonie à laquelle le parti Kataëb n'était pas invité.
Dans un entretien à la chaîne de télévision NBN, le président Gemayel a dénoncé, dans une allusion tacite aux Forces libanaises (FL), le fait que « certains ont voulu monopoliser cet événement, comme c'est le cas pour les martyrs, les vivants, l'histoire et la géographie ».
« Ceux-là ont pris le pli d'agir de cette façon et d'éloigner les participants réels à la réconciliation », a-t-il indiqué, en rappelant que, pour « les raisons contraignantes que nous connaissons (le président des FL, Samir Geagea, se trouvait alors en prison, NDLR), le directoire des FL était absent » de la cérémonie.
M. Gemayel a estimé que « la réconciliation a commencé le jour où je suis rentré d'exil et ai rencontré Walid Joumblatt. Il y avait un accord sur le processus de cette réconciliation. Nous avons échangé des visites à Bickfaya et Moukhtara, et avons signé un pacte qui a été à la base de la réconciliation de la Montagne », le 27 août 2000.
« Le patriarche Nasrallah Sfeir est entré en ligne, qu'il en soit remercié, ainsi que le Rassemblement de Kornet Chehwane, et tous les efforts ont été dirigés sur le fait de panser les plaies de la Montagne, tourner la page du passé et en ouvrir une autre, rayonnante de l'histoire du Liban », a ajouté M. Gemayel.
« Nous avions senti, avec Walid bey, le danger de la situation, et avons rempli ce devoir en coordination avec le patriarche Sfeir, qui a couronné de succès ce processus », a-t-il estimé.
« Nous nous réjouissons du fait que cette réconciliation se consolide de plus en plus, mais cet événement ne saurait être monopolisé pour des occasions mesquines comme celles-ci », a souligné Amine Gemayel.
« Nous ne nous arrêtons pas à des phénomènes folkloriques qui ne consolident pas la réconciliation, alors que nous œuvrons, jour et nuit, pour qu'elle le soit avec les fils de la Montagne. Nous aurions souhaité que tous sentent cette responsabilité nationale et historique pour ne pas régresser », a-t-il noté, avant de mettre l'accent sur l'importance de cet acte historique pour la préservation de l'union nationale et de l'entité libanaise, à l'heure où l'ensemble de la région est en ébullition et où les frontières sont fragiles.
« Il faut consolider l'unité de la Montagne et, à travers elle, l'unité du Liban », a ajouté le président Gemayel, appelant à « mettre fin aux comportements électoralistes » qui entourent les célébrations cette année de la réconciliation de la Montagne.
« Ces comportements n'honorent pas ceux qui en sont à l'origine. Les élections ne devraient pas nous divertir de l'essentiel. Les gens ne sont pas stupides et savent parfaitement ce qui se passe », a-t-il conclu.
Le Rassemblement de Saydet el-Jabal de l'ancien député Farès Souhaid, l'un des artisans de la réconciliation de 2001 avec son compagnon de route Samir Frangié, a annoncé, lui, dans un communiqué, qu'il était en passe d'organiser un congrès dans la Montagne sur le sens de la réconciliation, « loin des meetings et des calculs électoraux ».

Hamadé et Bou Faour
De son côté, le ministre de l'Éducation, Marwan Hamadé, a estimé hier que la réconciliation de la Montagne « est beaucoup plus importante et plus grande que n'importe quel carnaval électoral ».
« Quelques partisans du Courant patriotique libre qui n'ont rien à voir avec l'esprit rassembleur du président Michel Aoun ont ajouté à cet événement un climat de concurrence entre les partis chrétiens », a indiqué M. Hamadé dans un entretien à La Voix du Liban 93.3.
« Le député Walid Joumblatt soutient le consensus politique. Il est ouvert à toutes les parties, notamment les forces chrétiennes importantes : le CPL, les Forces libanaises et les Kataëb, mais il n'a pas déterminé ses alliances encore, sachant qu'il y a déjà une alliance traditionnelle avec le courant du Futur », a ajouté M. Hamadé.
Le député Waël Bou Faour a pour sa part estimé, du domicile de l'ancien président Michel Sleiman à Yarzé, que la réconciliation « reste le point de départ fondamental et supérieur de toutes nos options politiques, dont les élections ».
« Walid Joumblatt a déclaré à plusieurs reprises qu'il soutient le plus grand partenariat possible dans la Montagne entre tous les partenaires de la réconciliation. Nous sommes ouverts à toutes les forces politiques dans la Montagne pour parvenir à une entente politique et électorale large englobant tout le monde », a-t-il ajouté.
En soirée, lors du dîner annuel de la Jeunesse progressiste à Aïn Zhalta, M. Bou Faour a réitéré en substance les mêmes propos.
« Lors de ces élections, nous serons aux côtés des gens honorables et de nos partenaires au sein de la réconciliation pour l'unité de la Montagne et sa stabilité, pour ce qu'ont construit ensemble Walid Joumblatt, le patriarche Sfeir et le patriarche Raï et toutes les forces vives dans la Montagne : le vivre-ensemble, ainsi que le refus de la guerre et de sa logique », a-t-il indiqué, rejetant les tentatives de « coincer le PSP et Walid Joumblatt dans des recoins communautaires sombres (...) ».

Élie Keyrouz
Pour la 16e commémoration des événements des rafles du 7 août 2001 dans les rangs FL et du courant aouniste, le député FL Élie Keyrouz (qui avait été appréhendé dans le cadre de ces rafles) a rappelé, dans un communiqué, comment la réconciliation de la Montagne avait « fait perdre la tête au pouvoir », déclenchant une riposte violente du régime sécuritaire libano-syrien.
« Je souhaite évoquer le rôle de deux personnalités libanaises, le patriarche Nasrallah Sfeir et le député Walid Joumblatt. Issa Goraieb avait écrit un article ce jour-là, soulignant la chute des tabous politiques et la libération du discours politique libanais », a indiqué M. Keyrouz dans son communiqué.
« Une résistance commune druzo-chrétienne nous a unis contre l'occupation syrienne, qui spoliait la décision libanaise à tous les niveaux, tout comme la résistance contre l'occupation ottomane nous avait unis. Pendant ce temps, Samir Geagea payait toujours le prix de ses positions de principe en prison et les FL étaient pourchassées en raison de leur opposition à l'occupation syrienne du Liban », a conclu Élie Keyrouz.


L'ancien président de la République Amine Gemayel a critiqué hier la manière dont a été célébré le 16e anniversaire de la réconciliation de la Montagne au Palais du Mir Amin, une cérémonie à laquelle le parti Kataëb n'était pas invité.
Dans un entretien à la chaîne de télévision NBN, le président Gemayel a dénoncé, dans une allusion tacite aux Forces libanaises...

commentaires (0)

Commentaires (0)