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La Dernière

Si j’étais une femme

Un peu plus
05/08/2017

Simone Veil, Jeanne Moreau... Deux femmes comme on n'en fait plus. L'une politicienne, l'autre artiste plurielle. Des femmes engagées, des femmes qui ont contribué à l'émancipation du 2e sexe. Le 1er en fait. Le sexe non faible. Loin de là. S'il est un des deux genres où la force a pris ses marques, c'est bien le féminin. Si j'étais une femme, je prendrais le pouvoir. Tous les pouvoirs. Je me hisserais à la tête de la présidence, me faufilerais dans les couloirs du Parlement, prendrais en main les ministères. Si j'étais une femme, je rayerais des lois et des projets de lois, et j'en proposerais d'autres. Des lois plus justes, des lois équilibrées. Je m'occuperais des finances, de l'environnement, de la santé, de l'éducation, de l'administration, de l'intérieur comme de l'extérieur. Je redonnerais aux femmes leurs droits et leurs lettres de noblesse. Ces femmes qui sont les plus aptes à prendre les rênes d'un pays. « Donne le pouvoir aux femmes si t'es un homme. »
Je serais la reine des abeilles. Parce que si ces petites bees (qui sont en voie de disparition) ont mis à la tête de leur organisation une femme, c'est qu'elles ont tout compris. Une femme à la tête de, changerait les donnes. Toutes les répartitions de la société, les libéralités et les agencements. Elles ne feraient sûrement pas la guerre (pas comme Mme Thatcher). Elles adouciraient les mœurs et arrondiraient les angles. Elles n'auraient pas privé pendant longtemps les hommes de leurs droits à l'éducation ou à l'art. Ni à l'avortement, ni à l'homosexualité. Ni au vote.
Dans cet univers inversé, on fêterait les droits des hommes le 8 mars. On leur donnerait (peut-être) le droit de transmettre leur nationalité. On aurait proclamé, bien avant 1993, l'urgence de l'application aux hommes des droits humains fondamentaux : intégrité, liberté et dignité... Ainsi que l'égalité des salaires. L'égalité tout court. Nous, les femmes, on ne les aurait jamais taxés d'être des gigolos ou des soumis. Ni d'hommes faciles. On ne proférerait pas d'insultes inspirées du sexe féminin. Parce que c'est dans cette fameuse enclave que tout commence. Que tout a commencé. Ce triangle de diamant ne serait pas mutilé et le plaisir des femmes pas avorté.
Si les femmes établissaient les règles, il n'y aurait pas de violence conjugale, ni de viol. Ni de viol comme arme de guerre ni de séquestration. Ni de trafic ni d'esclavage. Parce que la femme ne s'inscrit pas dans la violence. Et ce sont les exceptions qui confirmeraient ces règles. Si elles étaient aux pouvoirs suprêmes, il n'y aurait pas de tyrannie de l'apparence. Il n'y aurait pas le diktat du corps. Elles seraient restées, bien confortables, dans des corps comme ceux des Baigneuses de Renoir. Assumeraient leurs formes et leurs rondeurs. Elles ne demanderaient pas aux hommes de s'épiler, de se maquiller, de se teindre les cheveux. Elles respecteraient les différences, sachant que ce sont les différences qui sont séduisantes. On ne les aurait pas contraints à se couvrir par fausse pudeur. Elles leur auraient octroyé leur liberté depuis le premier jour et n'auraient pas croqué dans la pomme si Dieu avait été une femme.
Ce sont les femmes qui ont fait avancer le monde. C'est à travers leur douceur et leur maternité que certaines choses ont changé. Que les soldats étaient soignés par celles qui ont endossé la responsabilité du plus noble métier du monde. Elles, les infirmières. C'est à travers elles que l'école a permis aux hommes d'avoir accès au savoir, grâce à la patience des maîtresses, des institutrices, des professeures. Si les femmes avaient établi les règles d'orthographe et de grammaire, on n'aurait pas dit ils si une assemblée de femmes ne comporterait qu'un seul homme. On aurait dit féminité au lieu d'humanité. On aurait dit l'histoire de la femme et pas celle de l'homme. Et c'est un homme qui l'a saisi. Cet homme qui a peint L'Origine du monde : Gustave Courbet. Parce que ce sont les hommes qui nous ont le plus souvent rendu hommage. Ceux-là qui ont tout compris.

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Marionet

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Bustros Mitri

La Suède au nom de l'égalité, obligerait bientôt les hommes à faire pipi assis pour ne pas heurter la sensibilité des femmes , ou les femmes debout, en créant des toilettes unisexe...
Puis dans la catégorie ni-ni, Il ne faut pas oublier Obama, qui a ouvert les rangs de l'armée américaine aux transgenres...
Le monde évolue....?

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

SI J,ETAIS UNE FEMME JE NE PISSERAIS PAS DEBOUT !!!!!

gaby sioufi

"le pouvoir", nous le savons ne se donne pas, il se PREND. a force de combat bien entendu.
je ne vois pas assez de femmes qui combattent pour leurs propres interets....leur pouvoir.
par ailleurs, ss leur jeter la pierre , je ne vois pas non plsu assez d'"" Hommes "" faire de meme pour leurs interets a eux- en tant que Libanais - MALGRE l'etat nauseabond de notre pays.TRES TRES CURIEUX !
POURQUOI PAS? je n'en connais pas la reponse.

M.E

Votre référence au tableau de Courbet est comme un pétard lancé contre vos propres arguments. Un exceptionnel sens de l'humour (de l'autodérision) vraiment. Bravo.

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