Le PDG de Toyota, Akio Toyoda, et celui de Mazda, Masamichi Kogai, se serrent la main à l’issue d’une conférence de presse, hier, à Tokyo. Kim Kyung-Hoon/Reuters
Toyota et Mazda ont annoncé hier leur intention de construire ensemble une usine d'assemblage aux États-Unis pour 1,6 milliard de dollars, une alliance scellée par un échange de participations croisées.
Cette alliance verra Toyota, deuxième constructeur automobile mondial par les ventes de voitures, prendre 5 % du capital de Mazda, tandis que ce dernier, numéro cinq du secteur au Japon, acquerra 0,25 % de son grand concurrent.
L'annonce de la construction d'une nouvelle usine aux États-Unis a surpris des intervenants au vu de la situation de surcapacités sur le marché américain. Elle devrait en revanche être bien accueillie par le président Donald Trump, qui a notamment fait campagne sur la promesse d'augmenter les emplois dans l'industrie.
L'usine, qui devrait entrer en activité en 2021, pourra produire jusqu'à 300 000 véhicules par an et emploiera environ 4 000 personnes. Elle fabriquera à la fois les Toyota Corolla et un nouveau SUV de Mazda.
Le partenariat entre les deux groupes dans le domaine des véhicules électriques s'inscrit, quant à lui, dans un contexte de plus en plus contraignant en termes d'émissions polluantes. Tous les grands noms du secteur souffrent en outre de la concurrence croissante des géants de la technologie dans le domaine de la prochaine génération de véhicules, en particulier les voitures autonomes.
Cela fait des années que Toyota noue des alliances avec ses rivaux japonais plus petits, le groupe détient ainsi déjà 16,5 % de Subaru, sixième constructeur de l'archipel. Il souhaite également coopérer avec Suzuki, le numéro quatre.
Selon un analyste, la prise de participation annoncée dans Mazda est susceptible de dissuader des groupes de hautes technologies de mettre la main sur ce dernier. « Mazda peut être vu comme une acquisition intéressante. (...) Toyota sort Mazda du marché plutôt que de le laisser rester un acteur libre, susceptible, un jour, d'être utilisé contre lui », explique Chris Richter, directeur associé chez CLSA.
Source : Reuters

