L’entrée du camp de Aïn el-Heloué.
À l'heure où les regards sont tournés vers Ersal et son jurd, la situation à l'intérieur du camp palestinien de Aïn el-Héloué est loin d'être stable. Hier même, Hamas et le groupuscule Ansar Allah se sont retirés de la force conjointe palestinienne. Pour bien cerner les motifs de ces deux retraits, il vaut mieux regarder vers al-Chabab el-muslim, un des groupuscules, qui peut influencer Bilal Badr, un responsable du groupuscule terroriste Fateh el-islam. D'autant que les premiers à se retirer de la force conjointe dans le quartier al-Tiri ont été les éléments d'al-Chabab el-muslim.
Selon Ra'fat Naïm, conseiller de la députée Bahia Hariri pour les affaires des réfugiés palestiniens, « c'est al-Chabab el-muslim qui a pris en charge les pourparlers pour assurer un cessez-le-feu entre Fateh et Bilal Badr ». « Et, à l'issue des accrochages qui ont eu lieu dans le quartier al-Tiri, devenu un quartier fantôme, ce même groupe s'est installé dans le quartier dans le but de garantir qu'aucun groupuscule ne profitera de l'état d'al-Tiri pour déstabiliser le camp. Entre-temps, le Fateh s'est installé dans le quartier al-Shoun, adjacent d'al-Tiri », relate-t-il. Un accord a ensuite eu lieu, selon lequel des éléments de la force conjointe seront déployés dans le quartier al-Tiri. Il s'agissait de deux éléments d'Ansar Allah, deux autres de Hamas, avec les deux éléments d'al-Chabab el-muslim.
« Maintenant que les éléments du groupe terroriste Fateh el-Cham (ex-Front al-Nosra) présents dans le camp ont exprimé leur volonté de quitter Aïn el-Héloué et de retourner en Syrie, al-Chabab el-muslim a trouvé que sa présence dans le quartier al-Tiri n'était plus indispensable et s'est tout de suite retiré de la force conjointe déployée là-bas », explique Ra'fat Naïm. Et de poursuivre : « Par conséquent, Ansar Allah et le Hamas se sont eux aussi retirés du quartier, pour ne pas avoir à assumer la responsabilité d'une potentielle opération, d'autant que c'était al-Chabab el-muslim qui garantissait l'action, ou l'inaction, de Bilal Badr. » « La balle est désormais dans le camp du directoire politique, à savoir le Fateh », souligne Ra'fat Naïm, avant d'ajouter : « Ce qui veut dire que le conflit est à nouveau entre le Fateh et Bilal Badr. »
Quel impact sur le camp auront ces retraits ? « Si la décision de mettre le feu au camp de Aïn el-Héloué a été déjà prise, personne n'aurait besoin de prétextes », répond-il. « L'État s'occupera du camp après la purification de Ersal, de son jurd, du Qaa et de Ras Baalbeck des terroristes », estime le conseiller de Bahia Hariri qui s'empresse de clarifier : « Cela ne veut pas nécessairement dire que le même scénario que Nahr el-Bared se répétera. » Selon lui, les choses pourront se faire à travers les négociations, comme cela a été le cas dans le jurd de Ersal grâce à l'initiative du directeur général de la Sûreté générale Abbas Ibrahim. Quel serait le prix de la sortie des jihadistes de Fateh el-Cham en dehors du camp et du pays ? « Comme il y a eu un échange de corps par exemple dans le jurd de Ersal, les personnes d'origine libanaise recherchées par l'État seront livrées aux autorités », estime-t-il. Ra'fat Naïm tient à préciser que, pour le moment, rien n'est encore sûr, et qu'entre-temps la stabilité au sein du camp palestinien n'est pas garantie.


QUE L,ETAT S,IMPOSE DANS CES REDUITS DANGEREUX !
11 h 00, le 31 juillet 2017