Les principaux pays exportateurs de pétrole se sont réunis le 24 juillet 2017 à Saint-Pétersbourg (Russie). Stringer/AFP
Les principaux pays exportateurs de pétrole, réunis hier, ont affiché leur volonté d'accentuer la réduction de leur offre en l'appliquant plus strictement et en l'étendant au Nigeria, l'Arabie saoudite montrant l'exemple avec une limitation drastique de ses exportations.
L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), dont l'Arabie saoudite est le chef de file, et d'autres gros producteurs non membres du cartel, Russie en tête, se sont retrouvés à Saint-Pétersbourg pour faire le point sur l'accord de novembre prévoyant des baisses de production pour enrayer l'effondrement des prix.
Après un rebond initial, les cours du baril sont repartis à la baisse ces dernières semaines, sous 50 dollars. Dans un communiqué diffusé par l'OPEP après la réunion, les pays participant au comité de suivi ont constaté « des progrès (...) en vue d'un rééquilibrage » du marché du pétrole, marqué ces dernières années par une offre surabondante. Ils ont cependant reconnu qu'il existait « de la marge de progrès de la part de certains producteurs et exigé que tous les pays producteurs participant se mettent rapidement en pleine conformité » avec les engagements de baisse de production.
Accord prolongé en 2018 ?
Actuellement, l'accord est appliqué à 98 %, ce qui a permis de réduire l'offre au total de plus de 350 millions de baril de pétrole, ont souligné les ministres russes et saoudien de l'Énergie lors d'une conférence de presse.
Outre cet appel à un respect plus strict des objectifs fixés, la réunion d'hier a permis d'obtenir l'accord du Nigeria pour se joindre aux baisses de l'offre une fois que sa production remontera à 1,8 million de barils par jour, selon le communiqué. Abuja et la Libye, avaient été exemptées de participer à ces mesures jusqu'à présent en raison des troubles affectant leur industrie. La remontée récente de leurs exportations font partie des facteurs pesant ces derniers temps sur les prix.
Le ministre saoudien de l'Énergie, Khaled al-Faleh, a dit vouloir s'adresser « de front » à la tendance baissière des prix et souligné que Riyad avait réduit son offre au-delà de ses engagements. Il a expliqué qu'avec la hausse de la demande intérieure attendue en août, ses exportations seraient limitées à 6,6 millions de barils par jour, contre plus de 7,2 millions certains mois de 2016.
Le ministre russe, Alexandre Novak, a indiqué de son côté qu'une nouvelle prolongation de l'accord au-delà de son terme prévu, en mars 2018, avait été évoquée mais qu'aucune décision ferme n'avait été prise.
Ces déclarations ont poussé les prix du pétrole à la hausse, le prix du baril de « light sweet crude » (WTI), référence américaine du brut, a augmenté de 57 cents à 46,34 dollars sur l'échéance de septembre au New York Mercantile Exchange (Nymex). Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre a fini à 48,60 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 54 cents par rapport à la clôture de vendredi.
Ces efforts de baisse de l'offre sont appliqués sans la participation des États-Unis, qui ont émergé comme un producteur majeur ces dernières années grâce au pétrole de schiste. Dans un entretien à une chaîne russe, le secrétaire général de l'OPEP, Mohammad Sanusi Barkindo, a indiqué que des contacts avec des représentants américains du secteur étaient prévus au quatrième trimestre.
Source : AFP


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