Liban

Congrès médical franco-libanais sous le signe du renforcement de la coopération bilatérale

Société
18/07/2017

L'Association médicale franco-libanaise (500 praticiens franco-libanais exerçant en France) a tenu samedi dernier à l'ESA son 8e congrès annuel sous le patronage du président de la République Michel Aoun, en présence d'environ 400 médecins français et libanais de diverses spécialités, avec la participation d'un grand nombre de députés, d'ambassadeurs, du président de l'ordre des médecins et de professionnels de la santé...
Dans son mot de bienvenue, le directeur de l'ESA Stéphane Attali s'est dit heureux d'accueillir pour la 2e fois ce congrès de l'Association médicale franco-libanaise (AMFL), devenu un rituel du 14 juillet : « Un rendez-vous qui fait partie de la mission de l'ESA, puisque ce congrès incarne les liens particuliers entre la France et le Liban dans le domaine médical. L'ESA est au cœur de cette coopération et l'opérateur des projets ambitieux menés par le ministère libanais de la Santé en partenariat avec les grandes institutions françaises. »
Le Pr Jean Marc Ayoubi, président de l'AMFL, a remercié « les organisateurs de ce congrès, notamment Stéphane Attali et le Dr Antoine Maalouf pour leur engouement à réunir autant d'amis du Liban, avec la participation de l'Université Saint-Joseph, de l'Université libanaise, de l'AUB (Université américaine) qui ont contribué à l'accomplissement d'un rêve devenu réalité, qui représente un exemple de collaboration médicale et universitaire franco-libanaise, dans une continuité historique et ancestrale ». Le Dr Maalouf, PDG de la Clinique du Levant, a en outre exprimé sa fierté d'être partenaire du congrès de l'AMFL, qui « m'a accordé sa confiance pour être un modeste artisan de cette relation amicale bilatérale de la France avec le peuple libanais dont le cœur n'a jamais cessé, depuis des siècles, de battre au rythme de celui de la France ».

Projet de télésanté
Prenant à son tour la parole, l'ancien député français, le Dr Élie Abboud, a mis l'accent sur « la perpétuelle coopération médicale franco-libanaise, notamment au niveau de la mise en place très prochainement d'un projet de télésanté (médecine digitale) novateur, à la Clinique du Levant ». « Ce projet, a précisé le Dr Élie Abboud, consiste en un système de surveillance à distance des patients au Liban. Les patients seront branchés en imagerie médicale, en cardiologie, néphrologie et diabétologie, à travers une plate-forme au CHU de Montpellier, alertant à tout moment les spécialistes français d'éventuels dysfonctionnements... »
Le président de l'ordre des médecins, le Dr Raymond Sayegh, a, quant à lui, « remercié le Pr Jean Marc Ayoubi d'avoir remis sur le tapis un sujet vital, concernant la possibilité de spécialisation de jeunes médecins libanais dans les facultés françaises ».
Quant à Véronique Aulagnon, représentante de l'ambassadeur de France, elle a insisté sur « l'importance de la francophonie médicale, confortée par une collaboration entre le Liban et la France, fruit de décennies de confiance renouvelée, transmise aux générations futures... ».
« Vous avez été appelés, par vos exceptionnelles qualités professionnelles et humaines, à œuvrer de concert en vue d'un partage d'excellence, au service de cette séculaire amitié libanaise, et nous vous en sommes très reconnaissants », a-t-elle ajouté.
C'est en ces termes que le ministre Melhem Riachi a félicité l'AMLF, au nom du président de la République Michel Aoun qu'il représentait. « À l'heure où les systèmes et les valeurs sont en pleine mutation, votre congrès constitue une exigence pressante que nous impose notre quête commune de la santé pour tous, a déclaré M. Riachi. C'est un vaste chantier auquel vous allez vous livrer », a-t-il conclu.
À la tribune de la première séance plénière, le Dr Philippe Douste Blazy, ancien ministre français de la Santé et actuel secrétaire général adjoint des Nations unies, a traité d'un problème de santé politiquement dangereux, « à l'heure où le capitalisme financier creuse un fossé de plus en plus béant entre les pays riches et les pays pauvres ». « En Méditerranée, des dizaines de milliers de personnes prennent le risque de se noyer pour atteindre les rives de pays riches, a-t-il rappelé. Ils fuient la guerre mais aussi l'extrême pauvreté. Trois milliards de personnes n'ont aucun accès aux vaccins ni aux consultations professionnelles... Il n'est plus permis aujourd'hui de mourir d'une maladie évitable ni de voir toutes les 55 secondes un enfant perdre la vie du fait du paludisme, a déploré le secrétaire adjoint des Nations unies. D'où la nécessité, face à un mouvement de nationalisme et d'égoïsme mondial, d'assurer une couverture sanitaire et médicale universelle, offrant à chacun le droit aux soins afin de diminuer le taux de mortalité, notamment infantile, et d'éviter une guerre mondiale... De curative individuelle, la médecine doit se transformer en préventive, communautaire et collective », a conclu M. Douste Blazy.
Le congrès s'est achevé par un dîner de gala à l'hôtel Phoenicia. Des médailles honorifiques ont été remises à cette occasion à M. Douste Blazy et au Dr Antoine Maalouf.
Notons que le calendrier de l'AMFL pour les prochains mois prévoit un autre congrès annuel franco-libanais qui devrait se tenir à Paris avant la fête de l'Indépendance libanaise, en novembre prochain.

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