Liban

Ersal solidaire de l’armée

Sécurité

Le bilan non officiel des décès parmi les détenus syriens serait passé de sept à neuf.

S. N. | OLJ
15/07/2017

Une réunion s'est tenue hier au bureau de la section du courant du Futur à Ersal, en présence du président du conseil municipal du bourg, Bassel Houjeiry, et de plusieurs notables et représentants des camps de déplacés syriens. Dans un communiqué conjoint, les participants ont adressé de profonds remerciements, au nom des « déplacés de Ersal et de ses environs », aussi bien au peuple libanais qu'à la troupe. Ils ont exprimé leur reconnaissance « à l'État et au peuple libanais pour leur hospitalité, en marge de la guerre qui se déroule en Syrie », et ont affirmé leur « appui à tout ce que l'État et ses institutions légales décideraient d'entreprendre dans le cadre de leurs efforts visant à garantir la sécurité des déplacés dans les camps ». Les déplacés et les habitants de Ersal ont exprimé en chœur « leur souci d'être partenaires de l'armée et des partenaires légaux libanais dans toutes leurs actions de lutte contre le terrorisme ». « Nous avons pleine confiance en l'armée et son commandement », ont-ils ajouté.
Le distinguo est fait indirectement entre l'armée et le Hezbollah, l'objectif étant manifestement de prévenir les retombées d'une offensive du Hezbollah contre le jurd de Ersal, antre de factions syriennes radicales, sur le village, situé à l'intérieur des frontières libanaises et sécurisé par l'armée. « La sécurité de Ersal n'est pas liée à ce qui s'est passé ou pourrait se passer dans son jurd », ont souligné les participants, en appelant à « la solidarité entre tous les fils de Ersal pour faire barrage à ceux qui seraient tentés d'exploiter les incidents du jurd pour troubler la sécurité du village ».
Voulant contenir toute polémique sujette à une instrumentalisation de ce type, le communiqué a salué « l'enquête transparente que le commandement de l'armée a pris l'initiative de mener afin de lever les ambiguïtés autour du récent raid militaire dans des camps de déplacés situés aux limites du village », à savoir les cas de Syriens détenus à l'issue du raid militaire et livrés morts par les renseignements de l'armée 48 heures plus tard.
Ce dossier continue de progresser loin des feux de la rampe. Il a connu de nouveaux développements hier : deux nouveaux décès sont venus s'ajouter à la liste de sept prévenus morts. Pour rappel, L'OLJ avait obtenu, auprès d'avocats présents sur le terrain de Ersal, la confirmation de sept décès : quatre enterrés à la hâte dans le village (non signalés officiellement, ni dans les médias), et trois autres restés, jusqu'à mardi dernier, dans la morgue de l'Hôpital Élias Hraoui de Zahlé. À la demande des familles, ces trois cas font l'objet d'une enquête supervisée par le tribunal militaire, qui a décidé de désigner la semaine dernière trois médecins légistes, dont les rapports doivent être achevés « dans deux semaines », selon un avocat informé du dossier. Les trois corps ont, du reste, été récupérés par leurs familles mardi dernier et enterrés à Ersal, tous les prélèvements nécessaires ayant été effectués.
Le premier communiqué de l'armée avait fait état de quatre décès, dont ces trois. Le quatrième n'avait pu être retracé immédiatement par les activistes. Et pour cause... Son corps aurait été finalement retrouvé à l'Hôpital gouvernemental Rafic Hariri, à Beyrouth, soit à des kilomètres des lieux présumés des interrogatoires dont la base de Rayyak. Ce corps serait celui de Osman Merhi Malliss.
En outre, un neuvième décès serait survenu dans la nuit de jeudi à vendredi, celui de Toufic Mohammad Ghawi, un Syrien d'une vingtaine d'années. Il faisait partie des six détenus blessés qui auraient été transportés par les renseignements de l'armée à l'hôpital gouvernemental de Zahlé, au même moment où les SR livraient les corps de sept autres détenus. Le corps de Toufic Ghawi aurait été rendu hier à la famille, qui n'aurait pas l'intention de demander l'examen d'un médecin légiste.

S. N.

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