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Moyen Orient et Monde

Le département d’État serait-il au bord du précipice ?

États-Unis

Postes vacants, technologie défaillante, procédés obsolètes : les fonctionnaires s'alarment.

13/07/2017

Dès le début de son mandat, le secrétaire d'État Rex Tillerson a refusé nombre de demandes d'emploi dans son département. Les candidats les plus nombreux ? Des jeunes possédant des masters et autres diplômes adéquats. Au mieux, il leur proposait de petites missions temporaires. Il ne se décidait pas non plus à donner forme aux échelons supérieurs.

Cette situation de blocage a poussé le sénateur démocrate Christopher Coons à déclarer au Washington Post : « Ces signes et ces décisions commencent à avoir de vrais effets négatifs sur notre moral et notre capacité opérationnelle. » « Il y a chez nos diplomates un manque réel de certitude sur le devenir de leur carrière. Je crains que nous ne perdions les meilleurs de notre service diplomatique », a-t-il ajouté. En effet, après sept mois d'existence, plus personne n'est venu se présenter au département d'État, qui compte en conséquence des centaines de postes vacants.

Certains médias américains s'expriment de plus en plus ouvertement sur l'inefficacité du secrétaire d'État Tillerson, qui continue à ne pas montrer un désir acharné de remettre les pendules à l'heure. Parallèlement, Donald Trump, connu pour son mépris pour la diplomatie et les diplomates, a décidé de couper presque 30 % du budget de ce ministère. Au grand désarroi du très écouté journaliste et commentateur de politique étrangère, Isaac Stone Fish, qui, dès le mois de mars, a signé un article dans The Guardian intitulé : « Est-ce que Rex Tillerson est le plus faible secrétaire d'État de tous les temps ? ». Il y précise entre autres que Tillerson aurait rencontré autant de chefs d'État qu'Ivanka Trump, la fille du président.

Absence de vision claire
« On dirait, fait remarquer un analyste, que c'était peut-être une illusion de croire que le département d'État, les Nations unies et l'OTAN nous ont protégés d'une Troisième Guerre mondiale. » À noter que ces trois grands organismes ont été vivement critiqués et dénigrés publiquement, et à plusieurs reprises par Donald Trump. Ce qui a alimenté d'autres arguments négatifs au regard de l'option diplomatique qui ainsi n'avait pu protéger l'Amérique de la guerre de Corée, du Vietnam, de l'Irak, du Koweït, de l'Afghanistan ou de la Somalie.

Que fait-on donc, dans ce département d'État ? Hier encore, un rapport commissionné dans le cadre d'une restructuration de ce ministère a été rendu public. Le coût de cette étude, réalisée par la firme consultante Insigniam, s'est élevé à un million de dollars. Il y est révélé que la majorité des fonctionnaires du département d'État (qui en compte 35 000) sont inquiets et ne se sentent pas soutenus par leur patron et par leur président. Ils s'interrogent notamment sur l'avenir de cette institution qui souffre actuellement d'un manque total de vision claire, pouvant mener à l'intégration d'autres agences ou à une militarisation de la politique étrangère. Ils sont également frustrés de la manière dont le travail est mené : technologie défaillante, procédés obsolètes et à double emploi, causant perte de temps et d'énergie.

Les partisans de Rex Tillerson croient encore que son expérience d'ancien PDG de la compagnie pétrolière Exxon Mobile arrivera à compenser son manque total d'expérience diplomatique. Mais, selon un expert en la matière, six mois après son entrée dans la nouvelle administration, « le département d'État est au bord du précipice ». Ce qui est reproché avant tout à Rex Tillerson est d'avoir laissé vacants presque tous les postes de secrétaires d'État adjoints qui sont le rouage de la machine diplomatique, assurant au directeur des lieux les meilleures expertises nécessaires. M. Tillerson argue qu'il est encore en pleine refonte de son département, dont les plans ne sont d'ailleurs connus de personne. En attendant, on a droit à un tableau donnant à voir un président déléguant une grande partie de son pouvoir aux militaires, et un secrétaire d'État fortement affaibli au sein de son propre département, et qui se fait souvent doubler par le gendre favori, Jared Kushner, transformé fréquemment en émissaire « spécial ». Le tout ne constitue en rien une recette de réussite diplomatique.

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VICTIME... D,UN VICE !

gaby sioufi

pourvu que le texte de mme moussalli ne compte pas slt sur les dires des medias depuis toujours anti trump.

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