Liban

180 millions de dollars pour faire rayonner la culture

Conférence

Pour financer son projet quinquennal, le ministre de la Culture, Ghattas Khoury, réclame au gouvernement une enveloppe de 180 millions de dollars.

May MAKAREM | OLJ
06/07/2017

En présence du Premier ministre Saad Hariri, et d'une pléthore de responsables, dont l'ancien ministre de la Culture Rony Arayji, de députés et d'ambassadeurs et de directeurs généraux, le ministre de la Culture Ghattas Khoury a tenu, hier, au Grand Sérail, une conférence de presse au cours de laquelle il a annoncé un plan quinquennal visant à gérer durablement la culture et le patrimoine.

« Un développement culturel est toujours équivalent à un essor économique », a dit M. Khoury. Aussi réclame-t-il une enveloppe de 180 millions de dollars, échelonnés sur cinq ans, pour mettre en valeur le patrimoine historique du Liban et un plan opérationnel pour la renaissance culturelle. Le budget alloué actuellement à son ministère est de 40 milliards de livres libanaises (26,5 millions de dollars), dont 36 milliards sont consacrés aux salaires. Cette somme ne permet pas au ministère d'exercer à fond sa mission, c'est-à-dire de conduire la politique de sauvegarde, de protection et de mise en valeur du patrimoine dans toutes ses composantes et d'encourager la création des œuvres de l'art et de l'esprit, a affirmé M. Khoury. Ajoutant que le plan quinquennal complète celui élaboré par l'ancien ministre Rony Arayji et vise un large programme afin d'assurer le rayonnement du Liban dans le monde. Par ailleurs, il a annoncé qu'un protocole de coopération a été signé avec la République populaire de Chine pour la construction d'un nouveau bâtiment pour le Conservatoire national. De même, il a relevé que le chef de l'État, le général Michel Aoun, a pu obtenir de l'État de Qatar, le bailleur de fonds principal qui finance le projet de la Bibliothèque nationale, la somme restante pour l'agrandissement du bâtiment, dont l'inauguration est prévue dans quelques mois.
Mais, parce qu'il y a toujours un mais, « pour que le travail prenne son essor, il est urgent de faire voter une loi consacrée au patrimoine architectural et aux dispositifs permettant sa protection ; de nommer le conseil d'administration de la BN, et celui du conservatoire, ainsi que le directeur général du ministère de la Culture », a ajouté Ghattas Khoury.

Déplorant ensuite l'absence d'un théâtre qui soit à la mesure du prestige de Beyrouth, capitale culturelle du monde arabe, ville de l'ouverture et du dialogue des civilisations, comme il l'a dit, Ghattas Khoury a fait observer que le théâtre de l'Unesco est en cours de restauration, mais a révélé qu'il est déterminé, vaille que vaille, à réhabiliter le théâtre Piccadilly, symbole de l'âge d'or culturel de Beyrouth. Il a déclaré haut et fort, que n'ayant pas réussi à conclure un accord avec l'Institution nationale des garanties des dépôts, propriétaire des lieux, il mettra ce bâtiment « sous l'autorité du ministère dans l'attente de son expropriation ».

Prenant à son tour la parole, le directeur général des Antiquités, Sarkis el-Khoury, a exposé le plan quinquennal. Un vaste chantier qui prévoit en priorité le renforcement des capacités logistiques, humaines et matérielles du ministère et la gestion des sites et monuments historiques. Le programme vise également à promouvoir les arts et les lettres pour affermir le rôle régional et précurseur du Liban dans ce domaine ; protéger et préserver les biens-fonds immobiliers à caractère patrimonial ; favoriser et répandre la culture musicale et la production cinématographique au sein de la société ; protéger les droits d'auteur et créer des musées régionaux. Mais la liste est longue. Aussi, pour assurer le succès de cette stratégie culturelle, 180 millions de dollars échelonnés sur cinq ans seront nécessaires, a estimé M. Sarkis el-Khoury.

Pour sa part, le Premier ministre Saad Hariri a estimé que le coût n'est pas énorme et que c'est un investissement sûr et rentable puisqu'il pourrait engendrer « un milliard huit cent millions de dollars de revenus. Je travaillerai avec le ministre Khoury pour transformer ce rêve en réalité ». Il a souligné que « le ministère de la Culture devrait être un ministère régalien parce que c'est notre histoire et l'héritage de nos ancêtres qui est en jeu. Un peuple sans histoire est un peuple sans avenir », a-t-il encore ajouté, avant de déclarer que le gouvernement fait de son mieux, et de solliciter le secteur privé à coopérer au processus pour protéger le caractère historique du Liban. Concernant la loi visant à préserver le patrimoine, il a signalé qu'« elle devrait être approuvée... en garantissant l'intérêt des propriétaires » des bâtiments concernés.

 

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