En abattant un avion de chasse du régime de Bachar el-Assad, le 18 juin dernier, les États-Unis ont fait savoir aux Russes qu'ils veulent rester en Syrie après la défaite de Daech et qu'ils ont pris le parti des Kurdes syriens, qui forment environ 10 % de la population. La Syrie sera à terme fracturée d'est en ouest et les Kurdes hériteront du nord. Cela provoquera probablement la sortie de la Turquie de la structure de l'OTAN, Ankara ne pouvant tolérer l'existence d'un Kurdistan syrien à sa frontière sud. Cela pourrait avoir pour conséquence un rapprochement significatif avec la Russie, au grand plaisir du président Vladimir Poutine. La Turquie pourra faire une croix sur son intégration dans l'Union européenne, qui ne pleurera pas.
Les États-Unis se serviront du territoire kurde libéré comme base arrière pour appuyer les rebelles sunnites syriens en guerre contre Assad. Ce dernier et ses alliés ne sont pas, pour autant, sortis de l'auberge. Mais que feront les centaines de milliers de Kurdes vivant dans les environs de Damas et d'Alep ? Seront-ils persécutés s'ils restent sur place ?
Si le Kurdistan irakien, riche en pétrole, devient de son côté indépendant après le référendum du 25 septembre prochain, sous l'œil bienveillant des États-Unis, la Turquie et l'Iran mettront alors les bouchées doubles pour empêcher leurs propres citoyens d'origine kurde de se libérer. L'avenir de ceux-ci s'annonce sombre.
D'un côté les États-Unis, l'Arabie saoudite, Israël et les Kurdes, de l'autre la Russie, l'Iran, la Turquie, les chiites libanais et le régime Assad. La guerre n'est pas près de s'achever dans cette région en pleine tourmente.
Sylvio LE BLANC
Montréal (Québec)

