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Nos lecteurs ont la parole - Par Sylvain Thomas

La vie matrimoniale à deux

Actuellement le mariage traverse une crise planétaire. Quand on en parle, presque tout le monde croit qu'on fait allusion au divorce. Mais le divorce n'est qu'un symptôme. Derrière lui se cache un mal réel qui le provoque. Ce mal, c'est la mort de l'amour conjugal après cinq, dix ou vingt ans de vie commune.
Le mariage devrait être considéré comme un être vivant. Il ne peut survivre qu'en se renouvelant et en grandissant chaque jour de la vie. Si nous refusons de lui accorder l'attention qu'il mérite, il dépérira comme dépérirait notre corps si nous renoncions à le conserver en bonne forme et en bonne santé, il finira par dégénérer.
Pour lutter contre un mariage manqué, il existe une méthode qui offre le maximum de chances de réussite : expliquer aux jeunes candidats au mariage le véritable sens de cette union, enlever de leur esprit l'idée erronée que le mariage est une sorte de paradis sentimental qui permet à deux êtres de se laisser aller à un repos délicieux, en ignorant l'existence du reste du monde. Nous attendons tous du mariage toutes sortes de joies et de satisfactions. Il peut nous les procurer, mais elles ne seront jamais que la récompense d'un effort et non un don gratuit.
Oui, le mariage est un être vivant. Quand nous l'aurons admis, nous comprendrons mutuellement qu'il doit se remettre à jour sans cesse. Car qui dit vie, dit croissance, et qui dit croissance, dit changement. Quand nous rencontrons un ami qu'on n'a pas vu depuis cinq ou six ans et qu'on s'aperçoit qu'il n'a pas changé ou acquis de la maturité, on a l'impression que sa vie a fini par un échec. Il semble avoir refusé de laisser à l'expérience le soin d'enrichir et de développer sa personnalité et acquérir un peu plus de maturité.
Comme cet homme, le mariage peut se figer en une immuable routine inextricable. L'échec de la plupart des unions n'a pas de causes plus fréquentes, sauf l'ennui qu'éprouvent les époux et leur désir de changement. Ces raisons ne seront certes pas invoquées devant un avocat, mais, dans le fond, mari et femme sont las au dernier degré de ces journées de vie commune qui se succèdent dans une monotonie désagrégeante.
On trouverait probablement absurde de démontrer à ces deux mêmes candidats à la séparation qu'ils auraient pu, sans changer de partenaire, trouver toute la variété qu'ils désirent. Et pourtant il y a dans chaque personnalité humaine des possibilités et des forces latentes qui n'auront jamais l'occasion de déclarer et d'exprimer entièrement. Il y a mille et mille manières d'aimer. Il existe un nombre illimité de sujets de conversation nouveaux, qui, utilisés par un couple, peuvent servir de base à de profitables échanges. Des problèmes passionnants se présentent chaque jour pour être étudiés raisonnablement et équitablement en commun.
Tous ces éléments originaux et stimulants et cette fraîcheur si nécessaire existent à l'état potentiel en eux-mêmes. C'est seulement le manque d'initiative qui rend un mariage insipide. Si ceux qui désirent se séparer consacraient autant d'efforts et d'ingéniosité à maintenir leur union qu'ils en dépensent à y mettre fin, très probablement sa monotonie s'évanouirait et ils découvriraient qu'au fond, il y avait dans leurs relations cet élément de vie indispensable qui était latente.
Un jour, un fiancé, dans un SMS à sa fiancée, lui parla de leur future union. « Aucune terre, disait-il, ne doit être semée plusieurs années de suite avec la même graine. Changements et renouvellement sont nécessaires, sinon les richesses du sol seraient vite épuisées. La beauté sera pendant quelque temps le fondement de notre union, puis ce sera l'amitié, puis la fidélité, puis la communion d'idées et enfin une amitié inaltérable. »
Ces mêmes matériaux de base seront au cours de la vie commune des couples une source inépuisable d'expériences nouvelles. Mais la réussite ne sera complète que si chaque époux cherche continuellement ce que son partenaire peut lui apporter de nouveau. Ils devront envisager ensemble de nouveaux problèmes, amener le changement et s'y soumettre.
Si, dans notre foyer, notre future épouse et nous décelons un jour les symptômes tragiques d'un malentendu augurant une désunion et un échec, il n'y aurait pas lieu de nous désespérer, mais nous n'aurons pas à penser à un revers de notre mariage car si nous le voulons vraiment, le mariage pourra de nouveau vivre, grandir et nous apporter à tous deux la richesse et le bonheur que nous avons secrètement souhaités. Et c'est en nous-mêmes que nous trouverons la force et les moyens d'y parvenir.

 

Actuellement le mariage traverse une crise planétaire. Quand on en parle, presque tout le monde croit qu'on fait allusion au divorce. Mais le divorce n'est qu'un symptôme. Derrière lui se cache un mal réel qui le provoque. Ce mal, c'est la mort de l'amour conjugal après cinq, dix ou vingt ans de vie commune.Le mariage devrait être considéré comme un être vivant. Il ne peut survivre qu'en se renouvelant et en grandissant chaque jour de la vie. Si nous refusons de lui accorder l'attention qu'il mérite, il dépérira comme dépérirait notre corps si nous renoncions à le conserver en bonne forme et en bonne santé, il finira par dégénérer.Pour lutter contre un mariage manqué, il existe une méthode qui offre le maximum de chances de réussite : expliquer aux jeunes candidats au mariage le véritable sens de cette union,...
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